Salaires des patrons: Parisot va enquêter
PARIS (AFP) — La présidente du Medef, Laurence Parisot, a affirmé mardi qu'elle allait saisir le comité éthique du Medef, après la parution d'une étude selon laquelle près de trois patrons sur quatre de grandes sociétés françaises ont gagné 40% de plus en 2007 qu'en 2006.
"Cette augmentation m'étonne parce qu'une autre étude, faite sur des schémas comparables, révélait il y a deux mois que les dirigeants des entreprises du CAC 40 avaient vu leur rémunération baisser de 8% sur la même période", a affirmé Mme Parisot, invitée du journal de France 2.
"Je vais saisir le comité éthique du Medef dès demain matin pour auditer, recevoir les auteurs de ces deux études et avoir une vision fiable, objective de la situation", a-t-elle poursuivi.
Laurence Parisot a toutefois jugé "normal, archi-normal, que des dirigeants de très grandes entreprises soient très bien payés, sinon ces talents-là nous ne les gardons pas dans notre pays".
En 2007, 77% des principaux dirigeants d'entreprises françaises ont vu leur rémunération bondir de 40%, notamment grâce à une envolée de leurs bonus, faisant d'eux les patrons les mieux payés d'Europe, selon une étude de Hay Group, publiée par La Tribune.
Interrogée pour savoir si elle jugeait excessive une telle hausse, la responsable patronale a fait valoir que ce chiffre tenait compte "des stock options détenues par les dirigeants". "C'est pour l'essentiel virtuel, or depuis le moment où l'étude a été faite et aujourd'hui, la Bourse a perdu 20%", a-t-elle ajouté.
"L'enjeu, c'est que tous les salariés aient accès à des rémunérations variables liées aux résultats des entreprises", a estimé Mme Parisot, proposant d'"approfondir l'hypothèse" avancée par l'association Croissance Plus, qui consiste à étendre les stock options à tous les salariés des entreprises cotées.
"Dans les jours qui viennent, le Medef va proposer d'améliorer les mécanismes d'intéressement, y compris pour les très petites entreprises", a aussi indiqué Mme Parisot.
"Nos propositions auront pour but de simplifier les mécanismes, et d'encourager l'accès à l'intéressement pour toutes les entreprises", a précisé Mme Parisot sur la chaîne LCI, qui l'a également interrogée mardi.
"Pour cela nous allons engager un tour de France sur l'intéressement pour sensibiliser les managers des petites et moyennes entreprises à l'utilité de cet outil", a-t-elle ajouté.
Il faudrait "qu'une partie puisse être touchée directement et qu'une partie soit réservée à l'épargne de long terme", a-t-elle estimé, jugeant que "la participation, c'est bien, mais ce n'est pas l'avenir".

