Etats-Unis: Barack Obama atteint par les propos de son ancien pasteur

WASHINGTON (AFP) — Le candidat démocrate à la Maison Blanche Barack Obama, engagée dans une lutte serrée avec Hillary Clinton pour remporter l'investiture de son parti pour la présidentielle de novembre, a dû prendre ses distances vendredi avec le pasteur de son église, accusé de propos outrageants.

Le pasteur Jeremiah Wright, membre de l'église protestante Trinity Church of Christ à laquelle appartient M. Obama, a estimé récemment que le "terrorisme" américain était responsable des attaques du 11-Septembre. Il a également estimé que les Noirs américains devraient dire "Que Dieu maudisse l'Amérique" au lieu de "Que Dieu bénisse l'Amérique" en raison du traitement infligé, selon lui, aux Noirs vivant aux Etats-Unis.

"Je suis en profond désaccord et je dénonce catégoriquement les déclarations" du pasteur Wright, a affirmé M. Obama sur le site politique en ligne Huffington Post.

Les déclarations enflammées du pasteur controversé de la Trinity United Church of Christ de Chicago (Illinois, nord), qui devrait quitter son ministère prochainement, circulaient avec insistance ces derniers jours sur internet et avaient été évoquées par de grandes chaînes de télévision comme ABC.

Ce n'est pas la première fois que M. Obama est obligé de monter au créneau pour prendre ses distances avec le pasteur qui a célébré son mariage et baptisé ses enfants.

Le prétendant démocrate à la Maison Blanche avait récemment dénoncé l'appui apporté par le révérend Wright au chef du mouvement musulman noir Nation of Islam (NOI) Louis Farrakhan.

Champion du nationalisme noir, M. Farrakhan est également un symbole d'intolérance, ayant déjà qualifié les Blancs de "diables aux yeux bleus" et les Juifs de "sangsues". Il est également coutumier de propos homophobes.

"Je dénonce le racisme et l'antisémitisme sous toutes leurs formes et je condamne fortement les déclarations antisémites" de M. Farrakhan", avait indiqué en janvier M. Obama dans un communiqué.

Dans des entrevues et des sermons diffusés sur internet, le pasteur Wright a notamment affirmé que le sionisme était l'équivalent du racisme et avait comparé Israël à l'Afrique du Sud au temps de l'apartheid.

C'est en fréquentant Jeremiah Wright que M. Obama affirme avoir trouvé la foi, devenant membre de son église en 1991. Le titre de son deuxième livre, "The Audacity of Hope" (L'audace de l'espoir), est emprunté au titre d'un sermon de son pasteur.

Signe de l'influence de son église, M. Obama emprunte souvent le ton et les incantations du prêcheur à l'occasion de ses nombreux meetings. Mais, plutôt que des thèmes polémiques, il évoque généralement des valeurs plus simples d'espoir, de travail et de foi qui touchent tout le monde. C'est un élément central de sa course à la présidence.

Dans le blog posté sur le site Huffington Post, M. Obama précise qu'il n'a jamais entendu le pasteur Wright tenir des prêches enflammés en chaire. "J'ai seulement entendu l'Evangile de Jésus. Un Evangile sur lequel j'ai basé ma vie", a-t-il dit.

Il a précisé qu'il continuerait de fréquenter l'église de la Trinity United Church of Christ de Chicago mais seulement quand son pasteur controversé aura pris sa retraite.

"Les déclarations du révérend Wright m'ont fait de la peine et mis en colère mais je crois que les Américains n'ont pas à me juger sur des déclarations faites par un autre que moi. Ils doivent le faire sur la base de qui je suis et ce en quoi je crois, sur mes valeurs, mes opinions et mon expérience pour être président des Etats-Unis", a dit M. Obama.