PARIS (AFP) — Le chef de la diplomatie colombienne Fernando Araujo, qui a été détenu par les FARC avec la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, et son homologue français Bernard Kouchner, ont réaffirmé mardi à Paris leur soutien à la médiation du président vénézuélien Hugo Chavez.
Au cours d'un entretien d'une heure et demie, les ministres "ont évoqué la question des otages, dont Mme Betancourt, et la médiation actuelle du président Chavez : les deux ont réitéré leur soutien à cette action", a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Pascale Andréani.
Les chefs des diplomaties française et colombienne "pensent qu'il y a une fenêtre d'opportunité, mais ils restent très prudents", a toutefois expliqué la porte-parole. "Tous les deux attendent de voir ce que va donner la démarche de M. Chavez. Ils s'en remettent à M. Chavez", a-t-elle dit.
Le président vénézuélien a été mandaté pour assumer les fonctions de médiateur vendredi par son homologue colombien Alvaro Uribe pour tenter d'obtenir la libération de Mme Betancourt, enlevée en 2002, et de plusieurs dizaines d'autres otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie.
La rencontre entre MM. Kouchner et Araujo est intervenue alors que le numéro 2 des FARC, Raul Reyes, s'est dit favorable à une réunion entre le chef de la guérilla colombienne Manuel Marulanda et M. Chavez, dans un entretien publié lundi par le quotidien mexicain La Jornada.
"Ce sera une rencontre historique (et) nécessaire pour le bien de toute la région et particulièrement pour le peuple colombien, qui est victime de l'actuel gouvernement" colombien, a affirmé M. Reyes.
Le président vénézuélien a annoncé dimanche avoir envoyé un message au chef historique des FARC, avec lequel il souhaiterait pouvoir négocier directement.
Il se réclame de la gauche révolutionnaire, ce qui peut favoriser un climat de confiance avec les FARC, guérilla marxiste.
Mais M. Araujo, qui a lui-même échappé en décembre à ses ravisseurs des FARC après six ans de captivité, s'est montré mardi soir "extrêmement prudent pour tout ce que disent et font les FARC", selon le ministère français.
Il "a très longuement parlé de son expérience et le ministre l'a beaucoup écouté", selon la porte-parole.
L'initiative de M. Chavez tombe d'autant plus à pic que les efforts du président français Nicolas Sarkozy, qui a fait de l'affaire Betancourt l'une de ses priorités, n'ont pas suffi jusqu'à présent à débloquer la situation.
La France a salué lundi "les efforts" du président Chavez et appelé les FARC à "réaliser sans attendre les avancées nécessaires".
Il s'agit d'obtenir un échange entre 500 rebelles emprisonnés et le groupe d'otages retenus par la guérilla.
M. Kouchner avait jugé vendredi "très inquiétant" que la France n'ait pu obtenir jusqu'à présent des preuves de vie d'Ingrid Betancourt, candidate des Verts à la présidentielle, enlevée le 23 février 2002.
La France est opposée à toute tentative de libération des otages par la force et a obtenu du président colombien l'engagement d'être consultée avant toute décision de ce genre.
M. Araujo avait déclaré dès sa nomination qu'il préconisait la force pour libérer les otages, en soulignant que, malgré l'opposition de la France, l'Etat colombien ne pouvait renoncer à cette option.
Cette question n'a pas été abordée mardi soir par les ministres, selon le Quai d'Orsay.
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