PARIS (AFP) — Le plan de revalorisation des carrières des enseignants du supérieur et des chercheurs, détaillé lundi, instaure de fortes primes individuelles, généralise l'évaluation et veut inciter plus de chercheurs à enseigner, mais pourrait faire bien des déçus selon un syndicat.
Ce plan, destiné à rendre "plus attractives" les carrières dans les universités et la recherche, est doté de 252 millions d'euros au total en trois ans (2009-2011) et doit entrer en vigueur courant 2009.
Désireuse de récompenser "les meilleurs", Mme Pécresse instaure des primes pour que les rémunérations, jusqu'alors "indifférenciées", deviennent "individualisées", ce qui constitue une nouveauté.
Une "prime d'excellence scientifique" de 3.500 à 15.000 euros par an (contre 3.500 à 6.600 auparavant) pourra être attribuée pour récompenser la recherche. Cela permettra en trois ans d'attribuer une prime moyenne de 6.000 euros à 20% des chercheurs.
En contrepartie, ces chercheurs devront faire au moins 64 heures d'enseignement en travaux dirigés par an pour "faire bénéficier les étudiants de leurs compétences".
En outre, les lauréats de distinctions scientifiques nationales ou internationales pourront recevoir jusqu'à 25.000 euros de prime.
La prime de "responsabilité pédagogique", destinée à valoriser l'enseignement des professeurs et maîtres de conférence, est aussi revalorisée pour atteindre 3.500 à 15.000 euros. Les chercheurs seront incités à enseigner via la prime de "mobilité pédagogique", portée à près de 4.000 euros par an.
En contrepartie, pour pouvoir récompenser les meilleurs, les enseignants chercheurs connaîtront une évaluation "collégiale" tous les quatre ans: les universités élaboreront leurs propres critères mais le Conseil national des universités (CNU) donnera un avis et les étudiants auront leur mot à dire.
Cette politique de primes, élargie aux personnels des bibliothèques, administratifs et techniques ("Biatos") avec une enveloppe indemnitaire en hausse de 20%, est cependant accompagnée d'éléments de revalorisation plus globaux, a tenu a préciser Mme Pécresse.
Il s'agit de revaloriser le début de carrière des maîtres de conférence (de 12 à 25%), créer un "vrai contrat de travail pour les doctorants" avec rémunération minimale, doubler le taux de promotion des enseignants chercheurs en trois ans ou encore transformer des emplois de maîtres de conférence en professeurs et chargés de recherche.
Le Snesup-FSU, principal syndicat des enseignants d'universités, a réagi en se disant "opposé au système de primes", mais en se félicitant "de la juste prise en compte des années de formation doctorale et de stages post-doctoraux".
Globalement, il estime cependant que la "sous-rémunération" des enseignants et chercheurs reçoit "une réponse très partielle" de la part de Mme Pécresse dont le plan est "une insulte aux milliers de collègues dont la situation ne sera aucunement améliorée".
Les universités, seules, comptent 57.000 enseignants chercheurs, 55.000 Biatos, 13.000 enseignants du second degré et 12.000 allocataires en contrat doctoral, selon le ministère de l'Enseignement supérieur.
A titre d'exemple, le ministère a précisé que la "prime d'excellence scientifique" bénéficierait à 35% des professeurs et 11% des maîtres de conférence, la prime de mobilité à 300 chercheurs, ou encore le doublement du taux de promotion à 700 enseignants chercheurs par an.
Selon le Snesup, les deux tiers des enseignants chercheurs sont des maîtres de conférence.
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