Rencontre avec le dalaï lama: Sarkozy communiquera "le moment venu"

STRASBOURG (AFP) — Le président français Nicolas Sarkozy a averti jeudi la Chine que personne ne pouvait lui "interdire" de rencontrer un prix Nobel comme le dalaï lama, et qu'il "communiquerait le moment venu" sur une éventuelle rencontre avec lui.

Interrogé lors d'une conférence de presse au Parlement européen à Strasbourg sur une rencontre avec le leader spirituel tibétain lors de sa venue en France en août, M. Sarkozy a répondu: "est-ce qu'il serait interdit de rencontrer un prix Nobel? Je me demande bien qui pourrait interdire une chose pareille".

Toutefois, il n'a pas dit clairement s'il le verrait. "J'aurais l'occasion de prendre d'autres initiatives et je les communiquerai le moment venu", a-t-il simplement ajouté.

Le chef de l'Etat français, président en exercice de l'UE, a ensuite fustigé en des termes très durs les mises en garde formulées cette semaine par l'ambassadeur de la Chine en France, M. Kong Quan.

"J'ai dit que les propos de l'ambassadeur de Chine étaient maladroits, étaient déplacés. Je rajoute qu'ils ont donné le sentiment d'une brutalité que je n'accepte pas", a-t-il déclaré.

"Il s'est excusé. L'incident est clos", a ajouté le chef de l'Etat.

L'ambassadeur de Chine avait mis en garde les autorités françaises contre une rencontre avec le dalaï lama.

"Nous nous opposons à ce que les chefs d'Etat le reçoivent à l'étranger, ce qui pourrait très bien être considéré comme une sorte de soutien", avait-il lancé mardi à paris, après avoir menacé de "conséquences graves" sur les relations bilatérales en cas de rencontre avec le dalaï lama.

"L'ambassadeur de France en Chine a depuis fait un communiqué expliquant qu'il n'y avait pas de condition posée. D'ailleurs ses propos ne correspondaient en rien avec l'entretien que j'ai eu avec le président Hu Jintao" pendant le G8, a souligné jeudi le chef de l'Etat français.

"Ce n'est pas à la Chine de fixer mon agenda et mes rendez-vous", a-t-il conclu, répétant ce qu'il avait dit un peu plus tôt devant le Parlement européen en session plénière.

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