BORDEAUX (AFP) — Bordeaux, trop longtemps incapable d'imposer son football avant d'être réduit à dix puis neuf, s'est logiquement fait éliminer de la Coupe de l'UEFA par un Anderlecht supérieur, au terme d'un nul 1-1 (mi-temps 0-1) jeudi en 16e de finale retour à Chaban-Delmas.
Le club belge, vainqueur à l'aller 2-1, affrontera le Bayern de Munich en 8e de finale.
Longtemps dominés physiquement, les Girondins ont pu croire à un retour dans le match avec l'égalisation de l'inévitable Cavenaghi (70). Mais les expulsions de Trémoulinas (71) et de Chalmé (87), résultat à la fois de nerfs qui ont lâché et d'un arbitrage nerveux, leur dénièrent cette chance dans une fin de match heurtée.
Comme en 2002-03 dans cette C3 (3e tour), Bordeaux se casse donc les dents sur Anderlecht. Qui comme à l'aller au Parc Astrid, a gagné la partie physique, faisant prévaloir son athlétisme, son football direct mais précis. Et son métier.
Le dauphin de L1, en qui tant voient le plus sérieux rival de Lyon depuis longtemps, s'est peut-être fait une faveur en lâchant un des trois tableaux (avec la Coupe de France) qui commençait à l'épuiser. Surtout, il a montré que son autorité varie encore largement avec son onze de départ.
Car Bordeaux, éliminé en 16e de C3 comme l'an passé, fidèle à ce turn-over, se présentait avec seulement six des vainqueurs fous de Monaco (6-0) dimanche. Et sans trois hommes clefs du secteur défensif: Planus et Fernando, convalescents, et Diarra, suspendu.
Le pressing initial bordelais, avec un centre dangereux d'Obertan (6) et tête décroisée de Bellion (16), annonçait un crâne va-tout, de la part de +l'équipe du milieu de semaine+, revancharde.
Mais bons déplacements et circulation délicate de balle ne suffisent pas. Et à mesure que la puissance belge commençait à peser, les duels perdus, les accrochages, frustraient des Girondins perdant le fil de leur match.
C'est d'ailleurs après un de ces duels, gagné en bagarreur par Boussouffa contre Chalmé, que Chatelle se déjouait du marquage de Marange pour battre Ramé de près (1-0, 33).
Les occasions suivantes de Bordeaux -une tête de Chamakh, un tir d'Obertan- ne démentaient pas la physionomie: l'ascendant physique, le jus étaient belges, avec un Biglia énorme râtisseur, punissant les passes imprécises.
La confiance portait de plus en plus Anderlecht, à l'image de Ramé sortant un tir de Boussouffa (55), puis de Mpenza (66). Bordeaux, avec les entrées de Cavenaghi et Micoud, se lançait enfin dans la bagarre, et "Cavegol" reprenait victorieusement, avec le poteau, un centre de Chalmé (1-1, 70).
Décrocher une prolongation paraissait jouable sur 20 minutes. Cela devenait dur avec l'expulsion de Trémoulinas pour un vilaine semelle, impossible avec celle de Chalmé, récoltée pour un second carton jaune très sévère. Bordeaux, longtemps frustrant, finissait frustré. Mais libéré peut-être d'un fardeau européen.
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