MARSEILLE (AFP) — Plusieurs milliers de personnes venus de toute la France ont défilé samedi à Marseille, à l'appel du Front citoyen de résistance du golfe de Fos (FCRGF), pour demander l'arrêt de la construction d'un incinérateur sur un terrain du port à Fos-sur-Mer.
1.400 manifestants selon la police, "au moins 7.000" selon les organisateurs ont pris part à ce défilé ouvert par un taureau et des chevaux de Camargue, une région symbole de nature et qui "craint des retombées nocives", selon une Arlésienne.
"Jamais d'incinérateur, ni à Fos, ni ailleurs", ont scandé riverains et élus du pourtour de l'étang de Berre, zone très industrialisée et parmi les plus polluées de France, jusque sous les fenêtres de la mairie de Marseille, qui a lancé ce projet pour remplacer la décharge à ciel ouvert d'Entressen.
Le projet divise la classe politique marseillaise depuis de longs mois et a fait l'objet de joutes intenses durant la campagne pour les municipales. Le maire UMP sortant Jean-Claude Gaudin a assuré qu'il n'aurait jamais entrepris une telle construction s'il y avait le moindre risque de cancer. Son rival socialiste, Jean-Noël Guérini, qui s'est prononcé pour un moratoire, s'est taillé un franc succès en rejoignant la manifestation, en cours de parcours. "On fera du tri et de la méthanisation", a-t-il lancé.
Des bus spécialement avaient été affrétés, de Fos, mais aussi de Berre-L'Etang et de Port-Saint-Louis-du-Rhône. Les manifestants sont époumonés à crier "Gaudin, tes déchets si tu savais où on se les met".
"La fumée tue", a résumé le FCRGF en rappelant dans un communiqué que l'Europe a depuis le 27 juin mis la France en demeure de fournir des données sanitaires précises sur les normes de qualité de l'air dans une région où sont déjà implantées "26 usines Seveso".
"L'incinérateur est un vrai plan d'intoxication durable, des produits cancéreux ne sont aujourd'hui pas contrôlés, on veut une solution écologique", a déclaré Victor Hugo Espinoza de l'organisation écologiste Ecoforum.
Dans la manifestation, des personnes de Clermont-Ferrand et des Corses dénonçaient des projets similaires près de chez eux. "On veut construire un incinérateur surdimensionné par rapport aux besoins de la population en plein centre de l'île, est-ce qu'on va importer des déchets?", demandait Colette Castagnoli, présidente d'un collectif anti-incinérateur corse.
Le Front citoyen de résistance, qui fédère une soixantaine d'associations, réclame un Grenelle de l'environnement pour la région, la mise en place de systèmes d'alerte efficaces et une étude épidémiologique réalisée en toute indépendance par les médecins.
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