ACCRA (AFP) — Les pays Afrique-Caraïbes-Pacifique, réunis en sommet à Accra, terminaient vendredi sur une déclaration commune avant de clôturer la rencontre dominée par la hausse des prix de l'énergie et des produits alimentaires, la crise financière et le commerce avec l'UE.
Selon une version préliminaire du texte final, transmise à l'AFP, les ACP devraient lancer un appel à la communauté internationale en faveur d'une stratégie visant à stabiliser les prix du brut à un niveau accessible.
Ils devraient également demander aux pays donateurs de les aider à développer des sources d'énergie alternatives et durables.
Le groupe ACP comprend 79 pays, dont 48 d'Afrique subsaharienne, 16 des Caraïbes et 15 du Pacifique, avec une population totale de 700 millions d'habitants. Il a été créé en 1975.
Nombre de ces Etats ont déjà été frappés de plein fouet par les hausses des prix pétroliers et alimentaires.
Jeudi, au premier jour de ce sommet bisannuel qui se tient au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, le président Ghanéen John Kufuor a estimé que le changement climatique, la crise financière internationale actuelle, les turbulences sur le marché du pétrole, les prix alimentaires en hausse et le terrorisme étaient des "questions urgentes et d'importance égale".
Le Premier ministre tanzanien, Mizengo Peter Pinda, a exprimé vendredi sa crainte que les remous actuels viennent miner les efforts fournis par les pays ACP.
"Ma délégation est très inquiète que la crise actuelle des prix alimentaires et pétroliers ainsi que la crise financière mondiale qui secoue actuellement le monde nuisent clairement aux progrès qu'ont fait de nombreaux pays en développement pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement", a-t-il dit dans un discours.
Le chef du gouvernement tanzanien a également appelé les dirigeants du G8 à honorer leurs engagements de doubler l'aide à l'Afrique d'ici 2010.
Abordant la question des partenariats commerciaux entre l'Union européenne (UE) et les pays ACP, M. Pinda a critiqué le manque de souplesse de la Commission européenne et ses "tactiques" lorsqu'il s'agit d'établir des accords économiques pays par pays.
La question de la conclusion d'accords intérimaires de partenariat économique (APE) avec l'UE est un dossier qui divise les pays ACP. Actuellement, seulement une partie d'entre eux ont conclu de tels accords avec l'UE.
Ces accords commerciaux impliquent l'accès libre des produits ACP (sauf le riz et le sucre) au marché européen depuis le 1er janvier, en échange d'une ouverture progressive d'au moins 80% des marchés ACP aux produits européens, avec des périodes de transition allant jusqu'à 25 ans.
Devant l'impossibilité de parvenir à des accords complets, la Commission européenne a finalement opté pour une politique d'accords au coup par coup, pays par pays.
Réunis à huis clos, les particiants au sommet d'Accra devaient présenter leur déclaration commune au cours de la journée.
M. Kufuor a pris la présidence jeudi du groupe ACP, succédant à son homologue soudanais Omar el-Béchir. Ce dernier a quitté la réunion dès jeudi.
Le président soudanais est menacé d'un mandat d'arrêt international que réclame le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno-Ocampo, qui l'accuse de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour (ouest du Soudan).
Lors d'un discours jeudi, Omar el-Béchir a averti que son inculpation aurait "un effet catastrophique sur toute la région".
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