JO: Rogge impatient mais calme à la veille des Jeux du "rapprochement"

PEKIN (AFP) — Jacques Rogge, le président du Comité international olympique (CIO) cachait mal son impatience, jeudi, à la veille de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Pékin qui, après une longue incompréhension, marqueront selon lui un rapprochement entre la Chine et le monde.

"Le CIO et moi-même sentons cette sorte d'excitation que ressentent les athlètes avant la compétition, quand ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient", a déclaré M. Rogge, lors d'une conférence de presse. "J'ai hâte que cela commence."

Comme toujours lors de ses apparitions devant les médias depuis qu'il est à Pékin, M. Rogge a dû se prononcer sur des sujets politiques, habitude dont il espère être débarrassé une fois que les Jeux auront commencé.

Interrogé sur les manifestations hostiles au pouvoir chinois de la part d'opposants étrangers, la veille, sur le stade olympique, M. Rogge a estimé que les "gens (devaient) respecter les lois du pays dans lequel ils se trouvent. C'est une règle universelle."

Puis, fidèle au message consensuel qu'il oppose à toute discussion politique, il a dit espérer "que les Jeux permettront au monde de mieux comprendre la Chine et à la Chine de mieux comprendre le monde". "Je suis sûr que cela arrivera, a-t-il dit. Je ne sais pas quand. Peut-être au moment de la cérémonie de clôture, peut-être plus tard."

A la veille d'un événement qu'il qualifie régulièrement d'"historique", Jacques Rogge a précisé sa pensée: "Ces Jeux vont ouvrir l'olympisme à un cinquième de l'humanité".

Impatient, le patron du CIO n'en est pas moins d'une sérénité olympienne. Alors que plusieurs chefs de délégations s'inquiètent de l'éventualité de voir un ou plusieurs de leurs sportifs profiter de la scène olympique pour manifester leur opinion, en contravention avec la Charte, M. Rogge a avoué "attendre dans le calme de voir ce qui se passe".

"Si un sportif enfreint les règles, il aura le droit d'être entendu, d'exposer ses motivations et nous verrons quelle mesure doit être prise", a-t-il ajouté.

Ce sera le cas en matière de propagande, comme de dopage. A l'heure où la commission de discipline du CIO se réunissait pour statuer sur le cas de la sprinteuse grecque Ekaterini Thanou, M. Rogge s'est risqué à une extrapolation osée: "Il pourrait y avoir 30 à 40 cas de dopage à Pékin où il y aura environ 4500 tests, si l'on considère qu'à Athènes, il y en avait eu 26 avec 3500 tests."

"S'il y en avait moins, je ne serais cependant pas déçu parce que cela voudrait dire que les contrôles de ces dernières années ont eu un effet dissuasif", a conclu Jacques Rogge.

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