Négociations marché du travail et hôpitaux au menu de la semaine sociale
PARIS (AFP) — Une séance marathon de deux jours pour tenter de conclure la grande négociation sur "la modernisation du marché du travail" et le lancement d'une concertation entre les médecins hospitaliers en colère et le ministère de la Santé marqueront cette semaine sociale.
Dès lundi, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot recevra deux intersyndicats de praticiens des hôpitaux, l'INPH et la CPH, qui affirment représenter 80% de l'ensemble des médecins hospitaliers et menacent de rejoindre la grève symbolique des urgentistes et anesthésistes pour la "reconnaissance de la pénibilité" de leur métier.
La concertation, qui doit se poursuivre mardi avec des représentants des personnels non médecins (infirmières, aides-soignantes, etc..), portera sur les 23 millions d'heures supplémentaires impayées et les 3,5 millions de jours de congés accumulés dans des comptes épargne temps (CET) par l'ensemble des salariés de l'hôpital, faute d'effectifs suffisants.
Pour l'heure, la grève des gardes entamée le 24 décembre par les urgentistes (Amuf, Samu de France), rejoints ensuite par les anesthésistes-réanimateurs (SNphar, Smarnu), n'a pas de conséquences pour les patients car les médecins grévistes sont "assignés" à leur poste. Mais le malaise des personnels hospitaliers est fort et une extension du mouvement pourrait être plus perturbante.
Mercredi et jeudi se tiendra au Medef une grande séance marathon de négociation sur le marché du travail pour tenter d'aboutir à un accord instaurant une forme de "flexisécurité" à la française, augmentant la flexibilité permise aux entreprises tout en octroyant de nouvelles sécurités aux salariés.
Par cette négociation entamée en septembre et menée sous pression politique, le patronat veut allonger les périodes d'essai et créer un mode de rupture simplifié des contrats à durée indéterminée (CDI), tandis que les syndicats entendent garantir un socle de droits (formation, santé/prévoyance) aux salariés, quels que soient les aléas de leur vie professionnelle.
Déjà rendues difficiles par l'ampleur des sujets au menu (contrats de travail, sécurisation des parcours professionnels, assurance chômage) et des délais serrés, les discussions ont été compliquées par les divisions du camp patronal, avivées par l'affaire de la caisse noire de l'UIMM (patronat de la métallurgie).
Après la fin de la négociation, prévue officiellement jeudi, les organisations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) et patronales (Medef, CGPME, UPA) ont rendez-vous "autour du 15 janvier" avec le ministre du Travail Xavier Bertrand pour voir quelle suite donner à leurs travaux.
S'ils aboutissent à un accord, le texte devrait être repris dans un projet de loi. Dans le cas contraire, le gouvernement préparera un texte de loi à sa guise, en vue du vote avant l'été d'une réforme du marché du travail présentée comme une condition majeure pour "parvenir au plein emploi".
Mardi, les syndicats (CFDT, CFTC, CGT, FO) de l'Unedic appellent eux à la grève les salariés du régime d'assurance chômage (réseau des Assedic) pour participer à un rassemblement devant le Sénat, où doit débuter le lendemain le débat sur le projet de loi de fusion ANPE/Unedic.
Les syndicats revendiquent le maintien de leur convention collective nationale, de "tous les emplois", ainsi que d'"un service de qualité à tous les demandeurs d'emploi".
La fusion de l'ANPE et de l'Unedic est censée "faciliter" la vie des demandeurs d'emploi, mais plusieurs syndicats craignent qu'elle augmente les "pressions pour qu'ils acceptent n'importe quel travail".

