Burkina Faso: quatre femmes détenues pour excision

OUAGADOUGOU (AFP) — Quatre femmes sont détenues au Burkina Faso par la gendarmerie pour l'excision d'une fillette et d'un bébé, pratique sévèrement punie par la loi dans ce pays depuis 1996, a-t-on appris mercredi soir de source officielle à Ouagadougou.

La fillette, âgée de 7 ans, et le bébé, de sexe féminin, ont été excisés dans le village de Nounou (ouest) par une septuagénaire avec la complicité de leurs mères, a expliqué Amado Achille Kouanda, direction de l'Action sociale pour la région de Mouhoun, où est situé Nounou.

L'exciseuse a été appréhendée mardi, en même temps que trois autres femmes accusées d'être ses complices. Parmi elles, figurent les mères de deux excisées, a indiqué M. Kouanda. Les quatre femmes ont été interpellées suite à "un appel anonyme" et, depuis, étaient gardées à la gendarmerie de Dédougou, chef-lieu de la région du Mouhoun, a-t-il précisé. La septuagénaire "dit avoir 40 ans de pratique depuis la Côte d'Ivoire (pays voisin) où elle résidait", a-t-il indiqué.

Mi-septembre, une petite Burkinabè avait trouvé la mort et sept fillettes avaient été admises à l'hôpital après avoir été excisées avec une douzaine d'autres filles dans des villages de la commune de Pabré (nord-ouest de Ouagadougou). La pratique avait été effectuée par une octogénaire avec la complicité de leurs parents, avait indiqué une association anti-excision. La gendarmerie avait, là également, procédé à un nombre indéterminé d'interpellations. Parmi les personnes appréhendées, figurait l'exciseuse.

Des lois adoptées depuis 1996 prévoient des peines de prison de un à cinq ans contre les exciseuses et leurs complices, mais les mutilations génitales féminines demeurent