La Bourse de Paris recule, la défiance reprend le dessus (-1,14%)

PARIS (AFP) — La Bourse de Paris reculait mardi en fin de matinée, le CAC 40 cédant 1,14% dans un climat de défiance envers les valeurs financières, de nouveau maltraitées, mais aussi envers les marchés actions en général.

A 11h45 (09h45 GMT), l'indice vedette perdait 47,30 points à 4.095,23 points, dans un volume d'échanges de 1,4 milliard d'euros, après avoir affiché dès l'ouverture moins de 4.100 points.

Londres reculait de 1,18%, Francfort de 1,68% et l'Eurostoxx de 1,59%.

La rechute de la place parisienne, au lendemain d'une hausse de 1,02%, était une nouvelle fois menée par les valeurs financières, dans le sillage de leurs homologues américaines, sanctionnées la veille à Wall Street.

"Le plan de sauvetage de Fannie Mae et Freddie Mac, qui pourrait aller jusqu'à une recapitalisation directe des deux institutions, n'a pas convaincu les marchés, qui craignent toujours de nouvelles annonces de faillites bancaires (notamment des banques hypothécaires régionales après Indymac en Californie)", a souligné Valérie Plagnol, co-directrice de la stratégie au Crédit Mutuel-CIC.

Outre-Atlantique, la banque Washington Mutual a dû communiquer sur sa "bonne capitalisation" après que son titre eut plongé de 34% en Bourse, tandis que Lehman Brothers touchait son plus bas niveau historique en abandonnant 14%.

Les investisseurs attendait mardi à 16h00 l'intervention semestrielle de Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale américaine, accompagné de Henry Paulson, secrétaire au Trésor, qui pourrait donner lieu à des précisions sur les mesures de soutien à Fannie Mae et Freddie Mac, les deux géants du refinancement hypothécaire aux Etats-Unis.

L'éventualité d'une intervention publique, qui pourrait coûter des milliers de milliards de dollars à l'Etat fédéral américain, pesait sur le billet vert et permettait à l'euro de franchir mardi matin le seuil de 1,60 dollar.

La défiance sur le secteur financier se répercutait sur l'ensemble du marché à Paris, à quelques exceptions près.

"Les investisseurs préfèrent quitter les marchés actions car c'est trop risqué, ils préfèrent se placer sur d'autres actifs, comme le marché obligataire, plus sûr", a expliqué Yves Marçais, vendeur institutionnel chez Global Equities.

Par ailleurs, en Allemagne, l'indice Zew, qui mesure les attentes des milieux financiers pour l'économie allemande, a chuté de 11,5 points à -63,9 points en juillet, un recul nettement plus ample que prévu.

GAZ DE FRANCE (+2,64% à 39,59 euros) et SUEZ (+2,61% à 41,64 euros) bénéficient de l'annonce du versement par le futur groupe GDF Suez à ses actionnaires d'un dividende exceptionnel de 0,80 euro par action, sous forme d'un acompte payé dès cette année, après le 31 août.

BNP PARIBAS (-4,34% à 53,44 euros), CREDIT AGRICOLE (-2,28% à 11,59 euros), DEXIA (-5,97% à 8,03 euros) et SOCIETE GENERALE (-3,38% à 49,74 euros) pèsent sur l'indice vedette, tandis que NATIXIS (-8,23% à 5,13 euros) affiche la plus forte baisse des valeurs du Service de réglement différé.

L'OREAL (-2,86% à 63,41 euros) souffre de l'opinion négative portée sur le titre par la Société Générale, qui a abaissé sa recommandation à "conserver", contre "acheter" précédemment, avec un objectif de cours à 70 euros, pour tenir compte des prévisions de ralentissement de la croissance du groupe de cosmétiques.

EADS (-3,51% à 11,00 euros) ne profite pas de l'annonce de 12,6 milliards de dollars de commandes enregistrées au salon de Farnborough, dont 10 très gros porteurs A380.

DANONE (-3,33% à 40,99 euros) est fortement pénalisé par l'abaissement de recommandation de Citigroup à "conserver", contre "acheter" auparavant, avec un objectif de cours également revu en baisse de 27% à 45 euros, dans un contexte de concurrence accrue des marques de distributeurs.

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