Israël invité du Salon du livre: les appels au boycott se multiplient

PARIS (AFP) — Les appels de pays et organisations arabes a boycotter le Salon du livre de Paris se multiplient à deux semaines de l'ouverture de la manifestation, dont Israël est l'invité d'honneur.

Premier pays à annoncer sa décision, le Liban, l'une des pierres angulaires de la francophonie dans le monde arabe, a indiqué mercredi qu'il s'"abstiendra de participer" au Salon (14-19 mars), pour protester contre l'invitation d'Israël à l'occasion du 60ème anniversaire de l'Etat hébreu.

Un responsable yéménite de la culture, Faris al-Saqqat, avait indiqué auparavant que son pays ne participerait pas non plus, à la suite d'une requête en ce sens de la Ligue arabe.

De vives critiques se sont en effet élevées ces derniers jours dans le monde arabe pour dénoncer l'attitude des organisateurs du Salon du livre et des autorités françaises, partie prenante dans le choix du pays invité.

Le président de l'Union des écrivains palestiniens, Al-Moutawakel Taha, a appelé les maisons d'édition arabes à boycotter le Salon et le président de l'Union des écrivains égyptien, Mohamed Salmawy, avait estimé la semaine dernière le choix d'Israël "inacceptable".

A Rabat, l'Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture (Isesco), organisme issu de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), a appelé mardi les 50 pays membres de l'OCI à boycotter le Salon.

Des éditeurs marocains et algériens indépendants se sont également désistés.

Interrogé, le Syndicat national de l'édition (SNE), organisateur du Salon, souligne pour sa part que c'est "la littérature israélienne" qui est invitée et non l'Etat d'Israël en tant que tel.

Face aux critiques, le ministère français des Affaires étrangères avait justifié vendredi l'invitation faite à Israël et jugé tout boycott du Salon par des écrivains arabes "extrêmement regrettable".

La polémique survient après des appels au boycott de la Foire au livre de Turin (Italie), dont Israël est également l'invité d'honneur, du 8 au 12 mai.

Mais l'idée de boycotter la Foire de Turin a provoqué des réactions indignées de tous les bords politiques en Italie, au nom de la liberté d'écrire et de débattre. L'écrivain italien Dario Fo, prix Nobel de littérature, a ainsi souligné qu'il était opposé au boycott de la Foire de Turin, mais qu'il aurait préféré que des écrivains palestiniens soient aussi invités.

De même pour le Salon de Paris : l'écrivain égyptien Alaa al-Aswani, auteur du best-seller international "L'Immeuble Yacoubian", ou l'Américaine d'origine palestinienne Susan Abulhawa, ont dénoncé violemment la présence d'Israël comme invité d'honneur, tout en affirmant qu'ils se rendront malgré tout au Salon.

Trente-neuf écrivains israéliens, dont quelques grands noms de la littérature israélienne, comme Amos Oz ou David Grossman, sont invités au Salon du livre de Paris, qui doit être inauguré le 13 mars par le président Nicolas Sarkozy et son homologue israélien Shimon Pérès.