Tibet: le monde du sport dit non à un boycott des JO

PARIS (AFP) — Le monde du sport a pris clairement position: pas de boycott des jeux Olympiques de Pékin 2008, après les événements du Tibet, parce que "ça ne sert à rien" et que cela "ne punirait que les athlètes".

Pour Patrick Hickey, président du comité olympique européen, une telle mesure ne punirait que les athlètes, et pour le secrétaire d'Etat français aux Sports, Bernard Laporte, "boycotter ne sert à rien. Si demain, on me dit que ne pas faire les jeux Olympiques, cela va ouvrir la Chine, redonner les droits de l'Homme, régler tous les problèmes, c'est de l'utopie, du rêve".

M. Laporte lors d'un déplacement à Avion (Pas-de-Calais) lundi a également jugé "hors de question qu'il y ait des signes symboliques" de l'équipe de France lors du défilé de la cérémonie d'ouverture des JO.

"Les jeux de Moscou ont été boycottés, cela n'a pas fait tomber le mur de Berlin", a affirmé M. Laporte.

Victime du boycott

Pour Patrick Hickey, qui parlait à l'issue d'une réunion des ministres du Sport de l'Union européenne en Slovénie, "les boycotts n'ont jamais marché" et "les seules personnes qui sont punies par les boycotts sont les athlètes".

Le commissaire européen aux Sports Jan Figel a de son côté indiqué que plusieurs ministres européens des Sports avaient évoqué la situation au Tibet mais que "personne autour de la table n'a soutenu l'idée que le boycott était la bonne réponse".

D'anciens sportifs allemands, qui avaient, avec l'Allemagne de l'ouest, refusé de participer aux jeux Olympiques de Moscou en 1980, ont aussi affirmé qu'un boycott ne servait à rien.

"Je suis une victime du boycott olympique de 1980 (décidé après l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS-ndlr). A l'époque, on a vu déjà que cela ne servait à rien", a ainsi affirmé Ulrike Nasse-Meyfarth, double championne olympique allemande de saut en hauteur (1972 et 1984).

"Je peux comprendre qu'il y ait des discussions, mais il faut conseiller aux jeunes athlètes de participer", a-t-elle assuré. "Ils n'ont pas besoin d'avoir mauvaise conscience."

Rogge: "pas des militants"

L'ancien double médaillé olympique et ex-président du Comité olympique allemand, Klaus Steinbach, a également souligné qu'un boycott serait "hypocrite si en même temps on maintient les mêmes relations politiques, économiques et culturelles" avec la Chine.

Le directeur général du Comité olympique britannique (BOA), Simon Clegg, a réitéré lundi son soutien en faveur de la tenue des jeux Olympiques à Pékin (8-24 août). Pour Clegg, il y a "de plus en plus de preuves, selon lesquelles un changement positif serait en train de s'opérer en Chine" et qu'en attribuant l'organisation des Jeux à Pékin, le Comité international olympique (CIO) avait "ouvert une porte" qui, autrement, serait restée close.

Le Comité olympique australien s'est également montré opposé à un boycott des JO. Selon son président, John Coates, l'Australie partage la position du CIO, qui estime que le boycott d'un tel évènement ne porterait préjudice qu'aux athlètes.

"Nous respectons le fait que des organisations comme Amnesty International ou Greenpeace nous demandent de prendre position, mais nous ne sommes pas des militants", avait pour sa part déclaré vendredi soir Jacques Rogge, le président du Comité international olympique (CIO) maître d'oeuvre des Jeux, et l'unique responsable du choix de Pékin pour l'organisation de l'épreuve.

"Nous sommes une organisation sportive et notre devoir est d'organiser les meilleurs Jeux possibles", avait-il ajouté.

Les violences à Lhassa ont fait 13 morts selon les autorités et des centaines selon le Parlement tibétain en exil.

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