LONDRES (AFP) — La tempête qui a balayé lundi la France et la Grande-Bretagne a entraîné deux morts et de nombreuses perturbations dans les transports, tandis qu'une nouvelle alerte est lancée sur plusieurs pays européens pour mardi après-midi et mercredi.
Plusieurs pays européens dont la France vont être à nouveau frappés mardi et mercredi par des vents violents dépassant les 100 kmh, alors que la mer pourrait être secouée par des creux de neuf mètres, a averti l'Organisation météorologique mondiale (OMM).
L'Espagne s'est mise en alerte rouge et six autres pays (Irlande, Royaume-Uni, Norvège, France, Allemagne, Portugal) sont en alerte orange, a indiqué l'OMM dans un communiqué reprenant des informations du réseau Meteoalarm, qui regroupe 24 pays du continent.
Le Nord et l'Ouest de la France ont déjà été frappés lundi par une tempête qui a provoqué la mort de deux personnes.
Un homme est mort noyé après avoir été happé lundi par une vague dans le Finistère, où la tempête a provoqué des dégâts "conséquents" sur l'île de Sein, à l'extrême-ouest de la Bretagne, a-t-on appris mardi auprès des autorités.
Le corps de la victime, un père de famille de 42 ans, a été retrouvé dans la soirée par un plongeur. L'homme avait été "happé par une vague" quelques heures plus tôt à Plouhinec, selon la préfecture.
Ce décès porte à deux le nombre de victimes de la tempête, une automobiliste ayant été tuée par la chute d'un arbre dans l'Eure.
Le transport maritime transmanche a été fortement affecté. Le port de Douvres en Angleterre a rouvert dans la soirée après avoir été fermé à deux reprises dans la journée à cause d'une mer trop forte.
Un chalutier basé en France a fait naufrage lundi vers 17H00 GMT à l'ouest de l'île anglo-normande de Guernesey, en Manche, avec cinq marins à bord, qui ont tous été secourus, selon les autorités maritimes françaises.
Un cargo de 88 mètres battant pavillon néerlandais, l'Artemis, s'est échoué sans faire de victime ni créer de pollution lundi vers 07H45 (06H45 GMT) sur une plage des Sables-d'Olonne.
Au large de l'île de Wight, un remorqueur a été envoyé au secours d'un pétrolier suédois de 11.000 tonnes transportant du gazole. L'équipage est resté à bord et la situation semblait "sous contrôle", selon une source maritime.
Sur le littoral, des vents à plus de 110 km/h ont été enregistrés au lever du jour et des creux de 6 mètres en mer, selon la préfecture maritime à Brest.
Des vents oscillant entre 80 et 130 km/h et les fortes pluies ont également créé des perturbations sur les réseaux routier, aérien et ferroviaire du sud de l'Angleterre et du Pays de Galles.
115 vols ont été annulés à Heathrow, le principal aéroport britannique.
L'autoroute M25 autour de Londres, la plus fréquentée du pays, était coupée par des montées d'eaux localisées.
Quelques arbres tombés sur les voies perturbaient le transport ferroviaire du Surrey (sud-est de l'Angleterre). Les trains en direction de Londres connaissaient d'importants retards et leur vitesse était limitée à 80 km/h.
Plusieurs milliers d'habitations du sud-ouest de l'Angleterre et du sud du Pays de Galles étaient toujours privées d'électricité dans la soirée.
Le service météorologique britannique a prévenu que les vents violents devraient se poursuivre dans la nuit de lundi à mardi.
Aucune victime n'a été signalée en Grande-Bretagne.
En Bretagne (nord-ouest de la France), le corps d'un homme, probablement celui porté disparu dimanche après être tombé à l'eau dans le port du Relecq-Kerhuon, près de Brest, a été repêché lundi matin.
Dans l'ouest du pays, les pompiers ont dénombré quelque 200 interventions depuis l'aube, notamment pour venir au secours de personnes bloquées dans leur véhicule à cause d'inondations.
Quelque 60.000 foyers français étaient privés d'électricité dans la soirée, principalement dans l'ouest et dans le centre du pays, a indiqué la filiale de la compagnie Electricité de France (EDF) qui assure la distribution.
En Belgique, plusieurs grands axes d'accès à Bruxelles traversant la forêt de Soignes et le Bois de la Cambre ont été fermés par précaution, ce qui a causé d'"énormes difficultés" de circulation.
Pour Emmanuel Bocri, prévisionniste à Météo France, il s'agit d'une "forte tempête de fin d'hiver".
Simon Hughes, responsable régional de l'Agence de l'Environnement britannique, a qualifié la tempête de "puissante conjonction de vents violents, de grosse mer et de marées importantes à partir de cette nuit jusqu'à mercredi".
La première étape de la course cycliste Paris-Nice a été raccourcie à cause des intempéries dans le centre.
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