STRASBOURG (AFP) — Avec une avance de près de 17 points, la gauche a brillamment reconquis dimanche la mairie de Strasbourg, sept ans après en avoir été dépossédée par le tandem UMP formé par Fabienne Keller et Robert Grossmann.
Le sénateur Roland Ries, qui va ainsi retrouver un fauteuil de maire occupé de 1997 à 2000, a réussi à s'adjoindre les suffrages des Verts, d'une partie du MoDem et de l'extrême gauche, grâce à un contexte national défavorable à l'UMP et à une campagne efficace stigmatisant "l'autoritarisme" du tandem au pouvoir.
La maire sortante a quant à elle échoué à mobiliser les abstentionnistes, aggravant nettement l'écart avec le vainqueur de l'élection par rapport au premier tour.
M. Ries, qui devrait être formellement élu vendredi ou samedi prochain, a affirmé qu'il donnerait sa "priorité à la restauration du fonctionnement de la démocratie locale". "Je donnerai un statut à l'opposition et lui faciliterai le travail, ce qui n'était pas le cas" sous le précédent mandat, a-t-il promis.
Il s'est aussi réjoui des résultats de la communauté urbaine de Strasbourg qui ont donné au premier ou au second tour une large majorité au parti socialiste, à Schiltigheim (3e ville du Bas-Rhin), Illkirch-Graffenstaden et Ostwald.
Mme Keller a reconnu son échec. "Le résultat est décevant", a-t-elle convenu, en reconnaissant "avoir un peu foncé là où (elle aurait) dû soigner la forme".
Interrogée sur l'absence à ses côtés de M. Grossmann, maire adjoint et président de la communauté urbaine, accusé par ses détracteurs, à droite comme à gauche, d'avoir porté une lourde responsabilité dans son échec, Mme Keller a revendiqué son rôle de "chef d'équipe".
"Je suis marin", a déclaré cette polytechnicienne, "je suis maître à bord et je maintiens le cap même quand la mer est grosse".
L'eurodéputée Catherine Trautmann (PS), ex-maire de Strasbourg, a salué la "victoire d'une équipe particulièrement responsable, la victoire de la simplicité et le retour d'une forme de démocratie et d'écoute des élus".
"En 2001, nous avons perdu en raison de nos divisions, aujourd'hui, c'est un problème de gouvernance" qui a fait perdre l'équipe au pouvoir, a-t-elle estimé.
Le tandem Keller-Grossmann avait alors remporté la mairie de Strasbourg contre tous les pronostics qui donnaient la victoire à Mme Trautmann. Lors des législatives, en juin dernier, Strasbourg avait cependant été le seul îlot rose de toute l'Alsace, avec l'élection d'un unique député PS, Armand Jung.
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