L'idée d'une rencontre historique Assad/Olmert à Paris évoquée par Kouchner

PARIS (AFP) — Le président syrien Bachar al-Assad et le Premier ministre israélien Ehud Olmert seront ensemble à Paris, le 13 juillet, ce qui offre l'occasion d'une rencontre historique, selon l'hypothèse évoquée par la France alors que les deux pays ennemis mènent des pourparlers indirects.

Bachar al-Assad assistera ce jour-là au sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée (UPM), devant réunir une quarantaine de dirigeants, a annoncé mardi le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner.

"Le président syrien sera là à côté, à la même table, que le président israélien", a assuré M. Kouchner devant les députés français.

M. Kouchner faisait en fait référence au Premier ministre israélien Ehud Olmert, et non au président, Shimon Peres, a ensuite précisé une source diplomatique française.

"Nous nous réjouissons que les Syriens parlent aux Israéliens. Ce jour-là (le 13 juillet) il sera possible de le faire, s'ils le souhaitent", a dit M. Kouchner.

Une telle rencontre directe entre MM. Assad et Olmert -sans précédent entre un Premier ministre israélien et un président syrien- serait un événement historique et aurait un impact énorme.

Israël et la Syrie sont toujours formellement en état de guerre depuis 1948, bien qu'ils aient signé des accords d'armistice ou de cessez-le-feu.

La Syrie n'a pas officiellement confirmé jusqu'à présent la venue de M. Assad à Paris. La France mène depuis l'élection du général Michel Sleimane au Liban -un scrutin longtemps bloqué par Damas-, une active politique d'ouverture vis-à-vis de la Syrie.

Lundi, un responsable israélien n'avait pas exclu la possibilité que MM. Assad et Olmert puissent se rencontrer à Paris.

"Le Premier ministre a affirmé à plusieurs reprises qu'il est prêt à rencontrer tout dirigeant arabe. Les Français nous ont invités à cette réunion avec des dirigeants méditerranéens et nous espérons y participer", avait dit ce responsable sans plus de détails.

M. Kouchner a quant à lui souligné que la "période" était "bonne" pour une avancée, évoquant les pourparlers indirects en cours entre Israël et la Syrie, engagés à la mi-mai, sous les auspices de la Turquie.

Une deuxième série de discussions, de deux jours, achevées lundi en Turquie, ont été qualifiées de "positives" par des responsables israéliens et turcs.

Deux nouvelles réunions auront lieu en juillet, a annoncé mardi à Luxembourg le ministre ministre turc des Affaires étrangères Ali Babacan.

Les deux parties en présence "ont quitté ces négociations extrêmement satisfaites de leur tournure", a souligné M. Babacan. Ne souhaitant pas "susciter de trop grands espoirs", il a toutefois expliqué que ces discussions étaient "difficiles à gérer".

La dernière série de négociations israélo-syriennes (1999-2000), organisée aux Etats-Unis, avait achoppé sur la question du Golan, dont la Syrie réclame la restitution intégrale en échange d'un accord de paix.

Le président israélien Shimon Peres a appelé dimanche publiquement la Syrie à engager des négociations directes avec Israël en prenant exemple sur l'ex-président égyptien Anouar al-Sadate qui avait effectué en novembre 1977 une visite historique en Israël.

Ehud Olmert a, quant à lui, averti dimanche que la "route pour parvenir à un accord reste longue".

Sur un autre front, Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas ont accepté de respecter à partir de jeudi une trêve des violences après des mois de discussions indirectes.

Le sommet de Paris du 13 juillet doit réunir les pays européens et riverains de la Méditerranée. Quarante-trois dirigeants ont été invités. Seul le dirigeant libyen Mouammar Khadafi -qui a promis mardi de se "battre" contre l'Union pour la Méditerranée- a refusé d'y participer, a dit M. Kouchner.