PARIS (AFP) — La poursuite des négociations entre syndicats de médecins libéraux et assurance-maladie, ainsi qu'une mobilisation des syndicats de cadres contre la réforme du temps de travail vont ryhtmer une semaine sociale plutôt allégée en cette période estivale.
Mardi, la troisième séance de négociations sur les cinq prévues entre la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) et les syndicats de médecins libéraux tournera autour de la démographie médicale (nombre et répartition des médecins) et de la revalorisation des tarifs de certains spécialistes (psychiatrie, pédiatrie, etc.)
Jeudi, en plus du projet de création d'un nouveau secteur dit "optionnel" (dépassements d'honoraires médicaux plafonnés), sera discutée la maîtrise médicalisée des dépenses, avant une réunion de synthèse vendredi qui pourrait "peut-être" déboucher sur un protocole d'accord, selon la CSMF (premier syndicat).
Deux premières séances de négociation, les 16 et 18 juillet, n'ont pas débouché sur un accord, mais ont permis de déblayer le terrain sur plusieurs dossiers.
L'annonce d'une revalorisation de la consultation des généralistes de 22 à 23 euros pourrait n'intervenir qu'à la toute fin des discussions, selon les syndicats.
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, s'est déclarée favorable à cette revalorisation, mais à la condition que les médecins s'engagent à une "maîtrise médicalisée" de leurs dépenses et à "de bonnes prescriptions".
Ces négociations interviennent en effet dans un contexte de rigueur: Mme Bachelot doit présenter "vers la fin du mois de juillet" avec le ministre du Budget Eric Woerth des mesures pour limiter "le déficit important" de l'assurance maladie. Elle a fixé à 4 milliards d'euros les économies nécessaires.
Des concertations sur le sujet sont prévues tout au long de la semaine à Bercy avec les partenaires sociaux.
Second temps fort de la semaine: mercredi, deux syndicats de cadres, la CFE-CGC et l'Ugict-CGT, organisent des rassemblements simultanés bien que séparés autour du Sénat, où doit être examiné le projet de réforme du temps de travail.
Le texte gouvernemental prévoit le relèvement de 218 à 235 jours de travail par an la durée maximale du "forfait-cadres", voire à 282 jours en cas d'accord dans l'entreprise.
La création de ce forfait dans les lois Aubry tenait à l'impossibilité de comptabiliser le temps de travail des cadres dépassant largement les 35 heures par semaine. En contrepartie du non-paiement de ces heures sup' effectuées, des jours de repos supplémentaires leur avaient été accordés au-delà des cinq semaines légales de congés payés: ce sont les fameux jours RTT.
Le président de la CFE-CGC Bernard Van Craeynest juge "nécessaire même symboliquement, et surtout pour une organisation comme la sienne qui n'est pas une acharnée des manifestations, de montrer le mécontentement des cadres" face à leur limitation.
Une durée de 235 jours de travail aboutirait "à travailler une année pleine de laquelle on retirerait les jours de congé légaux, les samedis, les dimanches et le 1er mai", a calculé la CFE-CGC.
"Comme souvent, les cadres sont premiers dans l'expérimentation mais cela peut toucher tout le monde", prévient CGT.
Reste que les autres organisations syndicales, également opposées à la loi, n'ont pas souhaité participer aux rassemblements, jugeant la période estivale peu propice aux mobilisations.
Elles envisagent toutefois des actions à la rentrée: la CFDT (première chez les cadres) promet ainsi une journée sur le thème "les cadres se rebiffent".
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