Mélamine: des normes fixées dans l'urgence et dans le désordre

GENEVE (AFP) — Quelques pays, dont ceux de l'Union européenne, ont fixé ces dernières semaines des taux maximum tolérés de mélamine dans les produits alimentaires pour pallier l'absence de normes internationales jusqu'à la crise du lait frelaté chinois, a indiqué à l'AFP un expert de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

A la connaissance de l'OMS, l'Union européenne, Hong Kong et la Nouvelle-Zélande ont fixé "à titre transitoire" des taux maximum de 2,5 milligrammes par kilo de produit alimentaire, ce taux pouvant être abaissé à 1 milligramme/kg pour des produits destinés à l'alimentation d'enfants, a précisé M. Peter Ben Embarek, spécialiste de l'OMS en sécurité sanitaire des aliments.

"La mélamine a une toxicité assez faible: à l'état de traces ou à de faibles doses, elle est éliminée sans dommage par l'organisme", selon le spécialiste.

"Par principe la mélamine n'a rien à faire dans la chaîne alimentaire et aucune norme n'a donc été édictée au niveau mondial", a-t-il expliqué à l'AFP. "Il y a des milliers de produits chimiques qui normalement ne doivent pas se trouver dans les aliments: il n'est donc pas possible de fixer pour tous des normes admissibles. C'est le cas de la mélamine", a-t-il relevé.

Des normes sont fixées pour les produits dont on sait qu'ils peuvent être présents dans les aliments car ils sont utilisés pendant le processus de production, tels que les pesticides ou les produits vétérinaires.

Dans le cas de la mélamine, en dehors d'une contamination intentionnelle, comme dans le cas du lait frelaté chinois, "on peut trouver des traces dans des produits alimentaires à la suite de pollutions accidentelles, soit par des produits présents dans l'environnement, soit par migration depuis l'emballage du produit ou par contact avec certaines surfaces au cours du processus de fabrication", a indiqué M. Ben Embarek.

Certains engrais, assez peu utilisés, contiennent de la mélamine et peuvent également être à l'origine de traces dans des produits alimentaires, a-t-il ajouté.