JO-2008: le CIO craint plus la surchauffe que la pollution

PARIS (AFP) — Le Comité international olympique (CIO) a tenu à minimiser, lundi, les effets de la pollution sur les organismes des athlètes lors des jeux Olympiques de Pékin, tout en n'excluant pas de reporter des courses "à risques" en cas de conditions météorologiques défavorables.

Critiqué tous azimuts -notamment par les défenseurs des droits de l'Homme- sur le choix du site des JO-2008, le CIO a une réponse imparable à propos des conséquences potentiellement délétères de l'atmosphère pékinoise sur la santé des sportifs: "Nous avons déjà organisé les Jeux dans des endroits très pollués sans que cela ne suscite d'inquiétudes", a indiqué, lors d'une conférence téléphonique, le président de la commission médicale du CIO, Arne Ljungqvist, citant Athènes (2004) et Los Angeles (1984).

"A Atlanta (1996) et Séville (Mondiaux d'athlétisme 1999), les conditions météo étaient également extrêmes", a poursuivi le Suédois, rappelant qu'à Barcelone (1992), un match de tennis avait été interrompu en raison d'une trop forte chaleur.

Interrogé par l'AFP, le Dr Gabriel Dollé, directeur de la commission médicale de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), ne dit pas autre chose: "Restons réalistes: Il ne faut ni minimiser ni exagérer la situation de Pékin. Il y a une analogie réelle avec Athènes ou Atlanta. De même, nous avions redouté des problèmes à Osaka (Japon/théâtre des Mondiaux 2007) et on s'en est bien tiré."

Selon le Dr Ljungqvist, le problème de Pékin tient moins à la pollution qu'aux conditions météorologiques qui règnent au mois d'août. "La chaleur, le taux d'humidité et surtout la direction du vent seront plus des problèmes que la pollution", a-t-il jugé, commentant les conclusions de quatre experts mandatés par le CIO pour étudier les informations fournies par les organisateurs des Jeux (BOCOG).

Des chiffres, relevés en août 2007, et que Ljungqvist a trouvés "meilleurs que ce qu'(il croyait)" après comparaison avec les standards établis par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). De même, l'observation des pathologies durant les Mondiaux juniors d'athlétisme de Pékin, en août 2006, n'a révélé aucune anomalie selon lui. Une conclusion partagée par le Dr Dollé qui n'y a rien noté de "grave qui soit spécifiquement imputable aux conditions climatiques".

Mr Ljungqvist a cependant expliqué que les taux de pollution enregistrés depuis deux ans appelleraient une surveillance constante, durant la période olympique (8-24 août), de paramètres tels que dioxyde, monoxyde de carbone, ozone... Une commission bipartite (CIO/FI) sera susceptible chaque matin de décider du report d'un événement. Une décision qui a pu être prise par le passé aux JO pour des sports d'hiver comme le ski alpin.

"Le CIO est en contact avec les fédérations internationales (FI) concernées pour établir un plan B s'il y a besoin", a-t-il indiqué, citant les épreuves impliquant un effort continu de plus d'une heure comme étant les plus sensibles (marathon, natation en eau libre, course cycliste sur route ou de VTT, triathlon, marche etc...). "Le risque principal reste que ces épreuves ne soient pas disputées à leur meilleur niveau. Mais battre des records du monde n'est pas le but premier des jeux Olympiques."

Louant les mesures adoptées depuis près de dix ans par le Bureau local pour la protection de l'environnement et les efforts de "transparence" fournis par le BOCOG, M. Ljungqvist a estimé que l'amélioration de la qualité de l'air à Pékin serait un "héritage olympique", au même titre que les infrastructures sportives.

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