Après la tornade, les habitants de Hautmont tentent de s'organiser

HAUTMONT (AFP) — Les habitants de Hautmont (Nord), dont les maisons ont été entièrement détruites par une tornade, s'affairaient mardi, essayant de récupérer quelques biens au milieu des décombres et de s'organiser pour les jours et mois à venir.

Les deux centres d'hébergement d'urgence aménagés pour accueillir des sinistrés de la tornade sont restés vides dans la nuit de mardi à mercredi, pour la deuxième nuit consécutive.

Deux personnes seulement ont passé la nuit dans les deux salles de sport de Hautmont, la commune la plus touchée par la tornade qui a fait trois morts et dix-huit blessés dans la nuit de dimanche à lundi.

"La solidarité familiale a continué de jouer et les conditions météo sont bonnes: des gens sont restés dormir dehors", a expliqué la directrice de cabinet du préfet du Nord, Gisèle Rossat-Mignod. Le dispositif d'hébergement d'urgence est maintenu "pour l'instant", a-t-elle précisé.

Aucun incident n'a été relevé sur place, le quartier de Hautmont dévasté par la tornade restant bouclé par une centaine de CRS et de policiers, selon la même source.

Rue du Vélodrome et rue Fernand-Rousselle, pelleteuses et grues déblaient les amas de gravats et de briques. Les carcasses des voitures renversées par la tornade qui a fait trois morts et 18 blessés dans la nuit de dimanche à lundi, sont enlevées les unes après les autres.

La plupart des sinistrés sont à pied d'oeuvre pour déménager leurs meubles ou pour déblayer et consolider leur maison. Ils ont presque tous choisi de dormir chez eux par peur du pillage.

Jocelyne Lenclud, une assistante maternelle de 45 ans, a perdu sa maison en même temps que son travail. "Ma maison est invivable, la chambre où je garde les enfants s'est effondrée", explique cette mère de trois enfants. "Mes filles sont traumatisées et moi, je ne peux plus travailler".

Comme tous les habitants du quartier, elle a dû aller à la mairie chercher un laisser-passer pour aller et venir dans le quartier, dont tous les accès sont contrôlés par des CRS, afin d'éviter les pillages. "On a assez de souci comme ça", affirme la mère de famille.

Trois personnes sont mortes rue du Vélodrome, ensevelies dans les décombres de leur maison. Un adjoint au maire, âgé de 73 ans, a été tué dans son lit, son épouse dans son fauteuil. Un peu plus loin, une autre septuagénaire est morte dans son lit. "On les a retrouvés tels quels", raconte à l'AFP un sapeur-pompier: "on appelle cela effondrement en mille-feuilles".

Un peu plus loin, Agnès Leveneur, 43 ans, sans profession, montre son toit béant et les vitres brisées: "c'était l'apocalypse, on a vraiment cru que c'était la fin du monde". "Au moindre bruit, je sursaute, mais on peut s'estimer heureux, on est vivants".

Chez elle, mardi en fin de matinée, tous les gravats avaient pratiquement été déblayés, comme chez la plupart des habitants de la rue du Vélodrome. Des couvreurs sont montés sur les toits.

"On n'est encore pas trop bien renseignés sur les démarches à faire mais le plus gros du travail a été fait aujourd'hui, maintenant, on est dans l'attente pour les assurances", explique la soeur d'Agnès.

La mère de Franck Sottiaux, 24 ans, attend l'assureur sur le pas de la porte resté intact de la maison de sa mère. Tout l'arrière de l'habitation s'est effondré. "Ma mère était en vacances quand c'est arrivé heureusement, sinon elle serait morte".

Ceux dont les maisons sont devenues inhabitables ont passé la nuit dans leur famille ou chez des amis, les salles de sport aménagées en dortoir sont restées désertes. Certains ont dormi dehors, devant chez eux.

La tornade a endommagé 700 logements au total, dont 500 à Hautmont. Deux cents d'entre eux seraient "inhabitables", selon la mairie.

"Les gens sont perdus, c'est impressionnant", dit une secouriste de la Croix-Rouge, Aurore Demulder, 30 ans. "Ils commencent juste à réagir maintenant et se demander ce qu'ils vont faire".