La vie d'errance, de larcins et de deals du "violeur aux chaussettes"

RIOM (Puy-de-Dôme) (AFP) — Lassana Coulibaly, 27 ans, accusé d'avoir violé neuf jeunes femmes, a raconté jeudi sa vie d'errance, de larcins, et de deals, au premier jour de son procès devant la cour d'assises du Puy-de-Dôme à Riom.

"Que ce soit le boulot, les gens, j'arrive pas à garder les choses", a expliqué le jeune homme mince, au visage creusé, qui a reconnu les faits et encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Son procès doit durer jusqu'au 23 mai.

Surnommé "le violeur aux chaussettes" par les policiers, il est accusé de neuf viols avec tortures et actes de barbarie, de deux tentatives de viol et d'une agression sexuelle entre 2002 et 2005 à Paris, Clermont-Ferrand, Montpellier et Vichy (Allier).

Assises au premier rang, neuf de ses victimes, jeunes et jolies, ont découvert jeudi leur agresseur qui a toujours agi le visage dissimulé. Il entrait chez elles par une fenêtre, la nuit, les mains protégées par des chaussettes, les ligotait avec des câbles électriques et les bâillonnait avant de les violer.

Lassana Coulibaly a grandi à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) au milieu de six frères et soeur, d'un père éboueur sénégalais qui le frappe et d'une mère femme de ménage mauritanienne.

Interrogé sur son enfance par le président Joël Montcriol, il élude. Il finit par lâcher qu'il "faisait tout le temps l'imbécile". "J'étais indiscipliné, rêveur".

Du bout des lèvres, il raconte avoir été violé "souvent, pendant des années", à partir de l'âge de 7 ans, par une connaissance de son père, dans un foyer d'immigrés africains. Il dit qu'il a été violé aussi vers 14, 15 ans par un homme chez lequel il allait fumer et regarder la télé avec des copains.

Il arrête l'école en 3ème et commence à vagabonder. "Je traînais, je commettais des vols, des recels", raconte Lassana Coulibaly, d'une voix posée.

Il commence à vendre du cannabis puis part vivre à La Rochelle, chez des jeunes de sa cité. Il s'installe ensuite à Limoges, Bayonne, Pau, Niort, Nevers, Montpellier, Clermont-Ferrand...

"Vous viviez de quoi?", lui demande le président. "De tout, d'escroqueries, de larcins, de deals", répond l'accusé. "Vous vous déplaciez beaucoup", souligne le président. "C'est comme ça depuis que je suis tout petit, je pars pour fuir ma vie personnelle".

Il travaille parfois comme vigile, agent d'entretien et vendeur de forfaits téléphoniques ou au noir sur des chantiers. Quinze mois en tout, affirme-t-il. Il rentre de temps en temps en Seine-Saint-Denis, chez sa mère, jusqu'à son arrestation fin 2005.

"J'arrive pas à comprendre que c'est lui qui a fait ça", murmure à la barre sa mère, Gnouma Coulibaly. Son fils était "bien, gentil avec tout le monde", dit-elle. En prison, Lassana Coulibaly refuse ses visites. "Avec tout ce que j'ai fait, lance-t-il, vous croyez que je mérite qu'elle fasse tous ces kilomètres pour venir me voir?".