Mort du musicien bélizien Andy Palacio, artiste de l'Unesco pour la paix

PARIS (AFP) — Le guitariste et chanteur bélizien Andy Palacio, artiste de l'Unesco pour la paix, est décédé samedi soir à l'âge de 47 ans, au Belize, des suites d'une crise cardiaque foudroyante, a annoncé lundi son producteur dans un communiqué.

Andy Palacio était issu de la communauté garifuna, descendante d'esclaves noirs d'Afrique et d'indiens. Cette communauté, qui possède une culture, une langue et des codes spécifiques, est disséminée au Belize et dans les pays voisins (Guatemala, Honduras, Nicaragua).

Profondément attaché à la préservation de la culture garifuna, à laquelle il a consacré une partie de sa vie, Andy Palacio avait été nommé en octobre artiste de l'Unesco pour la paix.

Vedette du punta rock -équivalent pour les garinagu (pluriel de garifuna) du zouk pour les Antillais-, Andy Palacio a largement contribué à préserver la richesse de la musique traditionnelle du peuple garifuna, où se mêlent influences amérindiennes, africaines et caribéennes, dont le coeur est au Belize.

Il avait donné deux concerts en juin dernier à Paris, dont un à l'Olympia où il avait partagé l'affiche avec Abd Al Malik, Sanseverino et Mamani Keita, dans le cadre de la Fête de la Musique.

Deux mois avant, il avait publié l'album "Watina" ("J'interpelle"), où les chants et rythmes garifuna prenaient une saveur particulière, rehaussés de guitares aux accents soul ou d'un saxophone.

L'origine de la communauté garifuna remonte à 1635, lorsque deux navires négriers sombrèrent au large de l'île Saint-Vincent. Les survivants y furent recueillis par les indiens arawaks.

De ce mélange naquit la communauté garifuna dont les membres, rétifs à toute forme de colonisation, furent déportés fin XVIIIe sur une île en face du Belize (ex-Honduras britannique).