PARIS (AFP) — La Bourse de Paris a fini jeudi à son plus bas niveau en clôture depuis trois ans, le CAC 40 lâchant 2,49% dans un marché affolé par des craintes de conflit avec l'Iran et par d'importants mouvements spéculatifs.
L'indice vedette a perdu 108,10 points à 4.231,56 points, dans un volume d'échanges de 5,2 milliards d'euros. Il a brutalement décroché dans l'après-midi jusqu'à céder 3% vers 14H25 GMT, tombant à 4.209,64 points.
Londres a abandonné 2,22%, Francfort 1,28% et l'Eurostoxx 50 1,78%.
"C'est la pétoche noire, on ne comprend plus", a résumé un vendeur d'actions interrogé par l'AFP, le plongeon des marchés européens s'expliquant d'autant plus difficilement que la Bourse de New York baisse beaucoup moins, grâce à l'optimisme du distributeur Wal Mart.
Pour Yann Azuelos, conseiller de gestion chez Meeschaert, "il y a un effet géopolitique" avec le regain d'inquiétudes sur l'Iran, après la publication dans la presse internationale d'une photographie diffusée par Téhéran pour illustrer le tir réussi de missiles sol/sol.
"On a de plus en plus le sentiment qu'Israël pourrait être le bras armé des Etats-Unis contre l'Iran, notamment si l'on voit un inversement de tendance dans les sondages en faveur de John McCain", le candidat conservateur à la présidence américaine, a poursuivi M. Azuelos.
La secrétaire d'Etat américaine Condoleeza Rice a averti l'Iran que les Etats-Unis avaient renforcé leur "présence" en vue d'assurer "la sécurité" dans le Golfe, une mise en garde aux accents militaires qui a effrayé les opérateurs.
Sceptique, un vendeur d'actions parisien a toutefois jugé que le pétrole monterait "directement à 170 dollars" si la perspective d'un conflit était prise au sérieux, alors qu'il est actuellement sous les 139 dollars.
La place parisienne a par ailleurs subi un effet technique avec "l'enfoncement d'un support important, à 4.228 points", qui a mécaniquement déclenché une cascade d'ordres de vente, a souligné le gérant de Meeschaert.
Enfin, et comme depuis un mois, la grande prudence des investisseurs à long terme n'a guère amélioré la lisibilité des marchés, les fonds spéculatifs ayant tout loisir "d'appuyer à la baisse", quitte à "dégager des valeurs qui avaient bien tenu" comme Alstom, selon Yann Azuelos.
BNP Paribas (-0,93% à 57,36 euros), Crédit Agricole (+0,55% à 12,82 euros) et Société Générale (-0,91% à 54,51 euros) ont résisté, le marché ayant "peut-être compris qu'on ne pouvait pas les mettre dans le même sac que les banques américaines", a expliqué le gérant de Meeschaert.
Carrefour (-8,56% à 31,50 euros) a dégringolé sous l'effet de sévères critiques sur sa stratégie en France, son premier marché, où le chiffre d'affaires a reculé de 2,4% sur un an au deuxième trimestre, à périmètre comparable.
Danone (-5,98% à 42,14 euros) et PPR (-7,85% à 60,70 euros) ont subi, dans son sillage, les craintes sur le secteur de la consommation.
Alstom (-7,10% à 67 euros), Saint Gobain (-6,01% à 34,89 euros) et Schneider Electric (-5,54% à 63,61 euros) ont subi de lourdes pertes sans raison particulière. "Dans ces conditions de marché, on balance sans regarder", a commenté Yann Azuelos.
Kaufman et Broad (+6,83% à 28,32 euros) s'est envolé sur des rumeurs "de rachats massifs de titres de la part d'une banque française, qui ont relancé la spéculation sur le titre", selon un gérant parisien.
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