CERGY (AFP) — Les trois ravisseurs présumés d'un chef d'entreprise du Val-d'Oise, séquestré pendant une semaine et libéré samedi par la police, ont été mis en examen pour "enlèvement et séquestration" et placés en détention provisoire mercredi, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.
Déférés mercredi matin, les trois auteurs présumés ont été mis en examen dans la journée par un juge d'instruction pour "enlèvement et séquestration" avec deux circonstance aggravantes: "l'enlèvement d'un otage en vue de l'obtention d'une rançon" et le fait d'avoir agi en "bande organisée".
Agés de 29, 31 et 38 ans, les trois hommes sont suspectés d'avoir enlevés le 4 juillet à Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise) un chef d'entrprise, à l'aide d'une voiture munie d'un gyrophare, et de l'avoir séquestré pendant une semaine à Mitry-Mory (Seine-et-Marne).
Les ravisseurs ont demandé au frère de la victime, Azar Setti, avec qui ils étaient régulièrement en contact par téléphone, le versement d'une rançon de 350.000 euros.
Arrêtés samedi à Villepinte (Seine-Saint-Denis) au moment où ils devaient remettre l'otage en échange de la rançon, les trois hommes "ne contestent pas les faits", a indiqué à l'AFP la procureure de Pontoise Marie-Thérèse de Givry.
Tous originaires d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), les suspects ont déjà été condamnés pour d'autres faits. L'un d'entre eux a été condamné à huit reprises, dont une fois par la cours d'assises de Melun pour "vol avec armes". Un deuxième a été condamné à six reprises pour port d'armes notamment.
Un autre suspect "au moins" est toujours recherché par la police, a précisé Mme de Givry.
La procureure a estimé que l'on "pouvait écarter le mobile antisémite de l'enlèvement" du chef d'entreprise qui est juif. "L'un des trois ravisseurs présumés est juif et la victime a été nourrie avec des aliments cashers", a dit Mme de Givry pour qui c'est "l'appât du gain" qui a guidé les malfrats.
Le chef d'entreprise qui exerce dans le secteur du bâtiment est rentré chez lui après une courte hospitalisation samedi. Il avait été passé à tabac le premier jour de sa détention. Très marqué, il est suivi par un psychiatre et ne devrait pas reprendre son activité professionnelle avant "une longue période", selon la procureure. "Il a crû qu'il allait y passer", a-t-elle affirmé.
Les ravisseurs "étaient tantôt gentils, tantôt très brusques", avait indiqué le frère de la victime.
La procureure a souligné la qualité de l'opération de police menée samedi par 80 policiers de l'Office central de lutte contre le crime organisé et de la direction interrégionale de la police judiciaire de Versailles.
La prise d'otage a été rendue publique à l'issue de son dénouement. Jean Espitalier, le directeur de la police judiciaire de Versailles, avait indiqué samedi au cours d'un point presse qu'il "n'avait pas assisté à ce type d'affaire depuis longtemps".
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