PARIS (AFP) — L'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius a estimé dimanche que le sommet européen "partiel" réuni la veille à l'Elysée avait apporté des "réponses partielles" à la crise financière mondiale.
Le "sommet partiel apporte des réponses partielles, il n'apporte aucune réponse à la crise financière (en France) qui est due essentiellement à la mauvaise gestion de M. Sarkozy", a déclaré M. Fabius dans l'émission "Dimanche soir: politique" (France Inter-I Télé-Le Monde).
"Il n'apporte pas encore de réponse à la crise mondiale" mais "apporte une partie des réponses à la crise européenne", a dit le député PS. "Donc, sommet partiel, réponses partielles", a-t-il résumé.
M. Fabius a fait valoir qu'on "ne peut pas résorber cette crise financière mondiale s'il reste des trous noirs dans le système", citant les fonds spéculatifs (hedge funds) et les paradis fiscaux.
Pour autant, l'ancien ministre des Finances a estimé qu'il y avait "quelques éléments qui vont dans le bon sens" pour le règlement de la crise financière dans les conclusions du mini-sommet qui a réuni les dirigeants allemand, britannique et italien autour de Nicolas Sarkozy samedi à l'Elysée.
"Il y a des solutions financières à apporter, et de ce point de vue là, le sommet d'hier n'est pas inutile", a-t-il ajouté. Il espère qu'il "sera suivi d'effets".
Pour M. Fabius, la crise actuelle est une "grande crise de l'argent fou", alimentée par les subprimes, les rémunération des dirigeants de grandes entreprises et la question des agences de notation.
"Je souhaite qu'il y ait avant la fin de l'année un sommet mondial capable d'apporter des réponses" à ces questions, a-t-il enchaîné. Il appelle aussi "l'Europe à mettre de l'huile dans le moteur pour faire repartir la croissance" par l'intermédiaire de la Banque européenne d'investissement (BEI).
Par ailleurs, Laurent Fabius a déclaré qu'il en avait "plus qu'assez" des "bisbilles" du PS, dans l'émission "Dimanche soir: politique" (France Inter-I Télé-Le Monde).
A la "crise" des social-démocraties en Grande-Bretagne, en Allemagne ou en Italie, a-t-il dit, "se surajoute en France, le fait qu'il y a depuis des années des bisbilles" au PS.
"Si, avec Martine Aubry (le maire de Lille qui brigue la tête du PS au congrès de Reims en novembre, NDLR), des amis de Dominique Strauss-Kahn et d'autres, j'ai décidé de faire équipe, c'est parce qu'il faut passer à l'étape du dessus", a ajouté M. Fabius.
Le député de Seine-Maritime a dit en avoir "assez et plus qu'assez de ces bisbilles alors même que les Français nous disent: M. Sarkozy est en train d'échouer, que dit et que fait la gauche?".
S'il ne s'est pas associé à la candidature de Bertrand Delanoë, le maire de Paris qu'il "estime", c'est qu'il n'a pas été "d'accord avec son analyse selon laquelle socialisme et libéralisme devaient avoir une approche commune", parlant de "confusion".
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