Malawi : la justice évite de se prononcer sur un troisième mandat de Bakili Muluzi

BLANTYRE (AFP) — La Cour constitutionnelle du Malawi a estimé prématuré de se prononcer sur une candidature de l'ancien chef de l'Etat Bakili Muluzi, qui entend briguer un troisième mandat, à l'élection présidentielle prévue en mai 2009, a-t-on appris samedi de sources judiciaires.

La cour a laissé le soin au parti de M. Muluzi et à la commission électorale de régler la question d'ici janvier, date du dépôt officiel des candidatures.

Muluzi, qui a dirigé ce pays pauvre d'Afrique australe de 1994 à 2004, est revenu sur la scène politique en avril, en décrochant la nomination de son parti à la présidentielle, mais un jeune militant a saisi la justice, estimant qu'il était inconstitutionnel de prétendre à un troisième mandat.

Selon la décision rendue vendredi par le juge Edward Twea président la cour, et dont l'AFP a eu connaissance, la "question de l'éligibilité du défendeur (Muluzi) aux termes de la Constitution ne s'est pas encore posée".

"Nous reconnaissons que la controverse au sein du parti (de Muluzi) sur l'interprétation de la constitution constitue un grand enjeu politique (...) mais nous sommes convaincus que ce n'est pas le rôle de la cour de donner des conseils juridiques", a-t-il ajouté.

Le parti doit de lui-même "faire la part de la loi et de la politique, et vice-versa. Ceci devra être fait, de préférence, avant le dépôt des candidatures pour les élections générales en 2009".

Le dépôt officiel des candidatures pour les scrutins présidentiel et législatif est prévu en janvier, soit quatre mois avant les élections.

Les avocats de Muluzi, qui se sont dits satisfaits de la décision de la cour constitutionnelle, ont indiqué qu'ils allaient en informer leur client. L'un d'entre eux, Kalekeni Kaphale, avait exhorté la cour mi-juillet à rendre rapidement sa décision afin que le parti de Muluzi puisse, le cas échéant, trouver un candidat alternatif.