PARIS (AFP) — Face aux "inquiétudes" des patients sur les nouvelles franchises médicales, appliquées depuis mardi sur les médicaments et certains soins de santé, les syndicats de pharmaciens assurent que l'effet sera neutre pour leurs clients dans la plupart des cas à la caisse des pharmacies.
"On a beaucoup de questions au comptoir, les gens s'inquiètent et se demandent comment ils vont devoir +payer+ les fameuses franchises", indique à l'AFP Claude Japhet, président de l'Union nationale des pharmacies de France, qui représente quelque 1.300 officines.
"Nous passons beaucoup de temps depuis quelques jours à leur expliquer que l'effet des franchises sera la plupart du temps transparent au comptoir, notamment pour ceux qui bénéficient du tiers payant et ceux pris en charge à 100% (Affection de longue durée). Ils continueront de ne rien payer en montrant leur carte Vitale", ajoute-t-il.
Le montant de la franchise non remboursable à la charge des patients s'éleve à 50 centimes d'euros par boîte de médicaments et par acte paramédical, et 2 euros par transport sanitaire, et ne peut excéder un plafond global de 50 euros par an.
La Cnam (caisse nationale d'assurance maladie) a précisé la semaine dernière que dans la pratique, cette somme serait "déduite" directement par les caisses d'assurance maladie "au fur et à mesure des remboursements". "En cas de tiers-payant" --dispositif qui permet au patient de ne pas avancer l'argent des médicaments à la pharmacie--, la franchise sur un médicament sera déduite d'un "remboursement ultérieur", notamment sur celui d'une consultation.
Ainsi, "les 50 centimes sur chaque boîte de médicament seront prélevés sur des remboursements de consultations", résume Jean-Pierre Lamothe, vice-président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France.
Dans les faits, "l'assurance-maladie va mettre en place un compteur qui retiendra 50 euros par an et par patient" sur les remboursements des actes paramédicaux ou médicaux, ajoute Gilles Bonnefond, secrétaire général de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine, qui représente quelque 3.000 officines sur les 11.000 qui appartiennent à un syndicat professionnel et les 23.000 pharmacies recensées au total en France.
De toute façon, "les franchises étaient ingérables en pharmacie, car nous n'avons aucun moyen de savoir si un malade est allé dans une autre officine (et a déjà atteint ou non le plafond de 50 euros par an,ndlr): seule l'assurance maladie le sait", explique-t-il. Selon lui, plus de 90% des gens qui achètent des médicaments sur ordonnance bénéficient du tiers payant.
Du coup, l'objectif de "responsabilisation des patients", affiché par le gouvernement pour justifier la mise en place de ces franchises impopulaires et qui doivent rapporter 850 millions d'euros à l'assurance maladie, paraît incertain.
"Ce que les patients verront, c'est qu'ils auront un remboursement moindre sur les actes encore remboursés en nature" (sans utilisation de la carte Vitale) comme les actes infirmiers, les consultations de généralistes ou d'autres actes para-médicaux, ajoute M. Bonnefond.
"Je ne crois pas du tout à une +responsabilisation+ face à la consommation de médicaments", ajoute-t-il, rejoint sur ce point par le syndicat de médecins généralistes MG France. Le système tel qu'il est mis en place "va faire croire, qu'au final, ce sont les actes des médecins qui sont moins remboursés", s'indigne MG France dans un communiqué.
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