Darcos prévoit une charte pour la "propreté" des toilettes à l'école

PARIS (AFP) — Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, a annoncé mercredi qu'il allait "se mettre d'accord avec les familles et les communes" sur une charte qui définira la "qualité et la propreté" des toilettes à l'école.

M. Darcos réagissait sur RMC et BFM au rapport annuel de l'Observatoire national de la sécurité des établissements (ONS), publié mardi, qui a révélé que la moitié des élèves de CM1 et CM2 se plaignaient de maux de ventre parce qu'ils ne voulaient pas aller aux toilettes de leur école en raison des odeurs, de la saleté et de la promiscuité.

Le SE-Unsa (deuxième syndicat chez les instituteurs) a demandé "une réflexion" sur les toilettes à l'école "avec les partenaires concernés", après la publication d'un rapport sur l'état des toilettes dans les écoles et les conséquences sur la santé des enfants.

La moitié des élèves de CM1 et CM2 se plaignent de maux de ventre parce qu'ils ne veulent pas aller aux toilettes de leur école, arguant du manque d'hygiène ou d'intimité notamment, selon le 12e rapport annuel de l'Observatoire national de la sécurité des établissements (ONS), publié mardi.

Le syndicat "souhaite qu'une réflexion soit engagée (...) avec les partenaires concernés: ministères, collectivités territoriales, fédérations de parents et syndicats d'enseignants".

Le constat n'est pas nouveau - de nombreuses études ont été réalisées depuis 1985 allant dans le même sens - "mais il semblerait que les problèmes constatés sont appelés à perdurer si un effort généralisé n'est pas engagé", avertit l'ONS dans son rapport 2007, dont l'AFP a eu connaissance lundi et qui doit être présenté mardi.

Lors de l'année scolaire 2005-2006, "près de la moitié des élèves avouent avoir eu mal au ventre parce qu'ils n'avaient pas pu aller aux toilettes", selon l'enquête de l'ONS menée auprès de 865 établissements et à partir de 24.781 questionnaires remplis à partir de témoignages d'élèves.

Une part "non négligeable (d'élèves) paraît présenter des pathologies en rapport avec la non-fréquentation des toilettes: constipation aiguë ou chronique (15,1%), infection urinaire (21,6%)", ajoute le rapport, qui précise toutefois "que le mode de recueil des données ne permet pas de vérifier statistiquement le lien causal".

"Cependant ces chiffres sont à rapprocher des études réalisées par le professeur Michel Averous, uropédiatre au CHU de Montpellier", qui constate "une recrudescence des consultations pour infection urinaire lors des périodes scolaires" et d'"années en années" (500 consultations dans son service en 2004, 700 "aujourd'hui"), explique l'ONS.

Selon ce professeur, "il s'agit bien d'un problème de santé important à ne pas négliger car il est source de mal-être de l'enfant et parfois d'échec scolaire".

L'enquête de l'ONS révèle que 43% des élèves utilisent les sanitaires "régulièrement tous les jours" mais que 48,5% des élèves ne les utilisent qu'"occasionnellement quand ils ne peuvent pas faire autrement" et 7,2% "disent ne jamais les utiliser dont presque la moitié sont pourtant demi-pensionnaires".

L'odeur des toilettes est jugée "mauvaise par près de trois-quarts" des enfants (72,9%), le manque de propreté est signalé par 57% des élèves. Au final, 50,4% jugent les toilettes "peu accueillantes".

En outre 14,4% des enfants "ont déjà eu peur aux toilettes" (fermeture des portes, +voyeurisme+ des autres enfants, voire "peur de la présence d'araignées", manque d'éclairage, problème de minuterie, sol glissant).

Pour autant, les élèves estiment "disposer d'un temps suffisant pour aller aux toilettes pendant les récréations".

Autres enseignements: dans une école sur trois, il n'y a pas de blocs sanitaires séparés filles/garçons, dans une sur deux, les cabinets ne disposent pas de balayette, et dans trois sur quatre, il n'y a pas de poubelle dans les WC filles.

69,2% de ces lieux "ne font l'objet d'aucune surveillance spécifique", selon le rapport.

Pour l'ONS, si l'étude ne concerne que le primaire, il n'en reste pas moins que "la problématique concerne l'ensemble des niveaux d'enseignements", de la maternelle à l'université, et elle ne "doit plus être un sujet tabou".

Dans ses préconisations, l'ONS, qui doit remettre son rapport au ministre de l'Education, estime "judicieux qu'un état des lieux" soit réalisé et "transmis aux autorités, assorti de demandes d'amélioration si nécessaire".

Il préconise de mettre en place un groupe de travail piloté par le ministère sur l'"actualisation des références en matière d'équipements sanitaire, d'entretien et d'hygiène" dans les écoles.