Les députés UMP à nouveau en proie à des tiraillements
PARIS (AFP) — Députés en sous-nombre mercredi dans l'hémicycle pour la refonte du code du travail, divergences sur la redevance TV: le groupe UMP à l'Assemblée est à nouveau en proie à des tiraillements.
Mercredi matin, l'examen du projet de loi de refonte du code du travail , entamé la veille au soir et vivement contesté par la gauche et bon nombre de syndicats, a dû être ajourné à la semaine prochaine, les députés UMP se retrouvant une nouvelle fois en minorité dans l'hémicycle, comme en octobre sur le financement du Nouveau Centre ou le projet de budget Sécu.
"Bien sûr que ça fait désordre", a reconnu le patron du groupe UMP, Jean-François Copé, en regrettant que les députés socialistes aient voulu faire "un bon coup" en venant "massivement" en séance.
"On ne peut pas être et en commission et en séance", a-t-il ajouté, demandant au gouvernement de "ne plus inscrire de textes le mercredi matin", traditionnellement réservé aux travaux des commissions.
Façon de renvoyer la balle au ministre des Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, accusé par certains proches de M. Copé de n'avoir prévu, initialement, que quelques heures de débat sur un texte pourtant hautement symbolique pour la gauche.
Le ministre s'est pour sa part défendu en dénonçant une "opération commando" des députés PS.
Le député UMP Hervé Mariton (villepiniste) a préféré pointer "un problème de motivation et de mobilisation" dans la majorité. "Il y a tout de même une question qui se pose, c'est de savoir à quoi on sert" dans un contexte "d'hyperprésidentialisation".
De fait, en coulisses, certains élus déplorent d'avoir à jouer les simples godillots sur des textes que le gouvernement inscrit quasi systématiquement en procédure d'urgence pour réduire les navettes Assemblée-Sénat et raccourcir les débats.
Ce nouveau couac n'arrange pas les affaires de M. Copé, déjà contesté sur sa gestion du groupe par certains de ses pairs, mais aussi, selon certaines sources, à l'Elysée, ce qu'il dément.
"Il roule pour lui. Ca suffit maintenant, ce n'est quand même pas de notre faute s'il n'a pas été nommé ministre", râlait mercredi un élu du sud.
M. Copé, qui avait habilement joué pour calmer la fronde des députés UMP sur la réforme Dati de la carte judiciaire, a une nouvelle fois prévenu ses détracteurs qu'il resterait à son poste "pour longtemps... pour cinq ans".
Autre souci pour la majorité: la fin de l'exonération de la redevance TV pour les personnes âgées modestes, programmée au 1er janvier.
A quelques mois des municipales et en pleine effervescence sur la question du pouvoir d'achat, certains députés UMP militent pour son rétablissement pur et simple en essayant de faire fléchir le gouvernement, d'autres sont prêts à s'accommoder d'une exonération à 50% pour l'année 2008.
Cerise sur le gâteau, la direction de l'UMP a décidé mercredi la "suspension immédiate" du parti du député Jean-Pierre Grand, qui avait critiqué le discours du président Sarkozy à Alger sur la colonisation. Les quelques autres villepinistes craignent désormais une chasse aux sorcières.

