Retour à Brest de la Jeanne d'Arc, à 2 ans de la retraite
BREST (AFP) — Le porte-hélicoptères Jeanne d'Arc a achevé mercredi à Brest, après un périple de 115 jours, l'une de ses dernières campagnes autour du monde, marquée par l'affaire des otages du Ponant, avant son retrait du service actif prévu en 2010.
Plusieurs centaines de personnes, parents, amis, fiancées, enfants ou épouses, s'étaient massées sur les quais pour applaudir le bateau gris arrivé sous le soleil.
Le moment fort du voyage a débuté le 12 avril au large de la Somalie. La Jeanne a été déroutée de sa traditionnelle mission de formation des élèves-officiers pour recueillir les 30 membres d'équipage du Ponant, le voilier français intercepté par des pirates somaliens.
"C'est une aventure exceptionnelle, la meilleure leçon donnée à nos élèves. Quand on est confronté à ce type d'opérations, on bascule dans la vie réelle, c'est un facteur de motivation", a commenté devant la presse le capitaine de vaisseau Hervé Bléjean, commandant du navire.
"Quand j'ai pris le commandement, on m'avait prédit que la Jeanne était souvent là au bon moment, et au bon endroit", a-t-il ajouté.
De fait, le porte-hélicoptères reste un navire de combat opérationnel, plusieurs fois sollicité au cours des dernières années pour des missions essentiellement humanitaires.
En 2000, l'équipage, 600 marins y compris les 130 élèves, avait participé à des opérations de secours au Mozambique dévasté par des inondations et à Madagascar touché par un cyclone.
En 2004, le porte-hélicoptères avait été dérouté sur Haïti dans le cadre d'une opération de rétablissement de la paix.
En 2005, il avait mis le cap sur l'Indonésie, sinistrée par le tsunami. Les hélicoptères avaient transporté de l'aide, et plus de 8.000 enfants avaient été vaccinés.
Admise au service actif en 1964, la Jeanne doit être désarmée en 2010. "Cette date sera vraisemblablement confirmée même si ce sera un crève-coeur. Mais c'est la solution raisonnable", a indiqué le commandant.
Toutefois, lors d'une visite à Brest en décembre, le ministre de la Défense, Hervé Morin, avait indiqué que le navire-école pourrait être "prolongé de deux ou trois ans" dans l'attente d'une solution de remplacement.
"Tous les indicateurs que je reçois des autorités montrent qu'il est temps de tourner la page", a précisé le commandant, soulignant que le maintien de la Jeanne en activité relevait chaque année d'un "numéro d'équilibriste".
Le "pacha" a ainsi annoncé que la durée des deux prochaines missions serait raccourcie d'une dizaine de jours, notamment pour des économies de carburant.

