NIAMEY(AFP) (AFP) — Le départ de l'ONG Médecins sans Frontières-France du Niger après sept ans de travail sur place est "triste et choquant", a estimé jeudi Christophe Fournier, président du conseil international de MSF.
Ce départ "est d'autant plus triste et choquant qu'il met une fin brutale à sept ans d'efforts et de possibilités de soigner des milliers d'enfants malnutris", a-t-il estimé lors d'une conférence de presse à Niamey.
MSF-France a annoncé mercredi qu'elle allait se retirer du Niger, où les autorités ont suspendu ses activités nutritionnelles le 18 juillet. L'ONG a pris cette décision après avoir demandé en vain, le 21 octobre, au président nigérien Mamadou Tandja la reprise immédiate de ses opérations à Maradi (centre-sud).
"Nous avions essayé de tout mettre en oeuvre pour comprendre les raisons et dialoguer avec les autorités et il nous a été opposé le silence", a déploré le docteur Fournier.
Selon lui, la mesure est liée au fait que les autorités nigériennes "ne veulent plus qu'on parle de la malnutrition" depuis que le pays, frappé par une grave crise alimentaire en 2005, avait été sous les projecteurs des médias internationaux.
Niamey, qui a estimé que la médiatisation de cette crise avait "sali" son image, interdit aux journalistes de faire des reportages sur le sujet.
"C'est en parlant de cette catastrophe qui affecte de façon chronique certains pays qu'on arrivera à résoudre le problème", a estimé Christophe Fournier.
Les sections belge, suisse et espagnole de MSF, qui ne sont pas concernées par la mesure de suspension, vont cependant poursuivre leurs activités dans le nord de Maradi et dans les régions de Zinder (centre-est) et Tahoua (ouest), selon MSF.
Le Niger avait suspendu les activités de MSF-France dans la région de Maradi, accusant l'organisation de refuser de collaborer avec les services publics et d'entretenir "une malnutrition endémique" des enfants avec la complicité des mères.
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