Kronenbourg engage un plan de relance avec 214 emplois supprimés

STRASBOURG (AFP) — Les Brasserie Kronenbourg ont présenté jeudi à Strasbourg un plan de refonte en profondeur de l'entreprise pour la reconquête du marché qui entraînera 214 suppressions d'emploi d'ici fin 2010 sur 1.390.

"Aujourd'hui, la chute des volumes devient telle qu'il faut changer plus profondément de modèle", reconnaît la direction. D'où la réorganisation qui s'accompagne de la suppression de 214 postes. Outre le raccourcissement des circuits de décision par la réduction de 8 à 4 des niveaux hiérarchiques, cette "remise à plat complète doit réorienter tout le fonctionnement de l'entreprise au service du consommateur", selon un porte-parole.

L'accélération de la baisse du marché de la bière en France touche en effet de plein fouet son leader Brasseries Kronenbourg. Alors que le recul se limitait à 1% par an depuis vingt ans, les statistiques font apparaître une chute de 6% depuis le début de l'année 2008, rapporte la direction du brasseur alsacien.

Celui-ci annonce la même évolution pour sa production 2008: elle baissera de 400.000 hectolitres par rapport aux 7 millions sortis l'an dernier de son usine d'Obernai (Bas-Rhin).

La rentabilité est toujours au rendez-vous, mais elle suit aussi une pente plus raide, conséquence du rétrécissement des marges et de la hausse du prix des matières premières.

"On est sur un marché qui va mal et dans une société qui va mal (...) On est devenu tellement lourd, il fallait agir", a déclaré à la presse Thomas Amstutz, le président de Brasseries Kronenbourg nommé en septembre par le nouveau propriétaire, Carlsberg. Succédant à Scottsh & Newcastle, le brasseur danois met en oeuvre son "plan de relance" à l'issue de la période de 100 jours d'observation qu'il s'était fixée.

M. Amstutz a ainsi indiqué vouloir "reconquérir le client dès 2009".

La section CGT critique pour sa part la politique d'entreprise de ces dernières années. "Le marché est une chose, mais les salariés paient aussi les erreurs de stratégie", a estimé son délégué André Thillard. De source syndicale, le bénéfice d'exploitation devrait tomber à environ 70 millions d'euros en 2008 (contre 100 millions d'euros en 2007) et le plan de restructuration vise à la faire remonter à au moins 140 millions d'euros en 2011.

Une information démentie par la direction qui reconnaît toutefois une "division par deux" de la rentabilité sur les deux dernières années qui l'"éloigne fortement" de l'objectif 2011 tel que rapporté par la CGT.

Cet ensemble d'éléments explique la prise de mesures plus drastiques. Depuis plusieurs années, Brasseries Kronenbourg avait géré l'érosion des ventes par deux types de recentrages. Celui de ses moyens de production sur un seul site, depuis la cession en 2006 de la brasserie de Champigneulles (près de Nancy) à l'allemand Frankurter Brauhaus; et celui sur son métier de brasseur via l'externalisation de fonctions (logistique, traitement des eaux usées) et diverses cessions: Taverne de Maître Kanter, Elidis (distribution). Ces décisions se sont traduites en dix ans par une baisse des effectifs de 600 personnes et une chute de 30% de la production.

La priorité sera de relancer la vente dans la grande distribution (70% des débouchés) où Brasseries Kronenbourg a perdu plus de 3 points de parts de marché cette année, indique la direction. Celle-ci entend "capitaliser sur le portefeuille exceptionnel des marques" (Kronenbourg, 1664, Kanterbrau, Grimbergen) "qui couvrent ensemble la totalité des gammes. Signe que l'abandon de certaines d'entre elles ne semble pas à l'ordre du jour.