NEW YORK (AFP) — Le Conseil de sécurité a demandé mercredi aux autorités birmanes de faire preuve du maximum de retenue et de recevoir sans tarder l'envoyé spécial des Nations unies, a déclaré le président du Conseil, l'ambassadeur de France Jean-Maurice Ripert.
"Les membres du Conseil ont exprimé leur préoccupation vis-à-vis de la situation et ont appelé à la retenue, en particulier de la part du gouvernement birman", a déclaré M. Ripert à la presse à l'issue d'une séance de consultations convoquée d'urgence sur la situation en Birmanie.
"Dans ce contexte, ils ont exprimé leur plein soutien à la mission de Bons offices du secrétaire général des Nations unies. Ils ont accueilli avec satisfaction la décision du secrétaire général de dépêcher en urgence son envoyé spécial (Ibrahim Gambari) dans la région et ont souligné l'importance qui s'attache à ce que M. Gambari soit reçu au plus vite par les autorités birmanes", a-t-il ajouté.
M. Gambari a indiqué à l'AFP qu'il devait quitter New York dans la soirée pour se rendre "dans la région" mais qu'il n'avait pas encore de visa pour entrer en Birmanie.
Le compte-rendu de séance minimaliste donné par l'ambassadeur de France reflète les désaccords classiques sur la Birmanie au sein du Conseil, qui n'a pu s'entendre sur une déclaration officielle qui aurait été publiée en son nom collectif. Ce genre de déclaration requiert l'unanimité des quinze membres du Conseil.
La Chine et la Russie, alliées de la Birmanie, ont réitéré leur position selon laquelle les questions de droits de l'homme n'ont rien à voir avec les menaces à la paix et à la sécurité, seul domaine dans lequel le Conseil de sécurité a compétence.
"Pour la Chine et plusieurs autres membres du Conseil, la situation là-bas pose certains problèmes mais à ce stade, ces problèmes ne constituent pas une menace pour la paix et la sécurité régionales et internationales", a affirmé l'ambassadeur de Chine, Wang Guanya.
M. Wang a également estimé que des sanctions contre la Birmanie ne seraient pas utiles. "Nous pensons que des sanctions ne sont pas utiles là-bas", a-t-il dit.
Un peu plus tôt, le ministère russe des Affaires étrangères avait déclaré dans un communiqué que les événements en Birmanie ne présentaient "pas de danger pour la paix et la sécurité internationales et régionales" et étaient "une affaire interne".
Pékin et Moscou, fait rarissime, avaient tous deux utilisé leur veto en janvier au Conseil de sécurité pour bloquer un projet de résolution d'inspiration américaine condamnant les violations des droits de l'homme en Birmanie.
Mercredi, la junte birmane a commencé à réprimer le mouvement de protestation mené par des bonzes, faisant charger des manifestants à Rangoun où au moins quatre personnes -un civil et trois bonzes- ont été tuées et cent blessées.
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