Déchets à Naples: l'Italie réaffirme à Bruxelles sa volonté de régler la crise

ROME (AFP) — L'Italie a affirmé qu'elle poursuivait la mise en application de son plan d'urgence pour régler la crise des déchets à Naples (sud) après l'ultimatum d'un mois lancé jeudi par la Commission européenne, alors que des manifestations sont toujours en cours sur des sites de stockage.

"L'Italie poursuivra son engagement pour l'application complète du plan qui a été approuvé par le gouvernement, et tiendra la commission européenne informée des progrès réalisés", a assuré Manuel Jacoangeli, porte-parole de la représentation italienne à Bruxelles, cité par l'agence Ansa.

La Commission européenne avait auparavant indiqué qu'elle donnait "un mois à l'Italie pour nous fournir des informations montrant qu'elle a fait ce qu'il fallait pour régler ce problème".

Si le plan d'urgence du gouvernement annoncé le 8 janvier puis de nouvelles mesures prises le 21 janvier semblent avoir porté leurs fruits dans le centre historique de Naples, sa périphérie et de nombreuses localités de la région Campanie souffrent encore de l'amoncellement de déchets.

L'Asia, l'entreprise chargée du ramassage des ordures, a indiqué à l'AFP que 800 tonnes "seulement" d'ordures subsistaient encore dans le centre-ville de Naples, alors que 1.400 tonnes sont produites chaque jour par les habitants.

Les pompiers ont cependant dû intervenir à 70 reprises en Campanie dans la nuit de mercredi à jeudi pour éteindre des feux de tas de poubelles allumés par des habitants excédés.

Sur plusieurs sites désignés par le gouvernement pour accueillir les déchets en souffrance, des habitants continuent d'organiser chaque jour des manifestations pour protester contre l'arrivée prévue de dizaines de milliers de tonnes de déchets, des protestations qui ont dégénéré à plusieurs reprises en affrontements avec les forces de l'ordre.

Les mesures gouvernementales prévoient l'ouverture de décharges provisoires ainsi que la construction d'au moins trois incinérateurs dont la région est dépourvue.

Naples et sa périphérie sont régulièrement envahies par les ordures depuis 1994 en raison du dysfonctionnement chronique des centres de traitement et de la saturation des décharges, largement dus à l'infiltration de la mafia napolitaine, la Camorra, dans le juteux marché du recyclage des déchets.