Drame d'Allinges: obsèques du professeur qui s'est suicidé

FESSY (AFP) — Les obsèques du professeur qui s'était suicidé après la collision entre un train et un car scolaire à Allinges (Haute-Savoie), qui avait tué 7 élèves, le 2 juin, se sont déroulées lundi après-midi à Fessy, en présence du ministre de l'Education Xavier Darcos.

Quelque 300 personnes se sont massées dans la petite église de Fessy pour un dernier hommage à cet enseignant en histoire-géographie, retrouvé pendu dans un bois jeudi et qui souffrait d'un fort sentiment de culpabilité lié au fait qu'il était l'organisateur de la sortie pédagogique au cours de laquelle avait eu lieu l'accident.

Outre le ministre de l'Education et la famille du défunt, l'équipe pédagogique du collège de Margencel (Haute-Savoie) où il enseignait, des familles d'enfants victimes, le sous-préfet de Thonon-les-Bains et le recteur de l'académie de Grenoble étaient également présents.

"Vous étiez un professeur hors-pair et un collègue exemplaire, mais vous ne le saviez pas assez. Sous votre apparente solidité se cachait une sensibilité énorme", a déclaré Patrick Bermond, principal du collège, lors de son hommage.

Xavier Darcos, dont le cabinet n'avait pas souhaité confirmer la présence avant la cérémonie, a décerné à titre posthume les palmes académiques au professeur.

L'enseignant a "consacré sa vie à servir ses élèves et son institution. Partout, chaque témoignage évoquait sa personnalité dans sa fonction ou insistait sur sa générosité, son dévouement et son sens des autres", a indiqué le ministre lors d'une brève allocution.

Après la cérémonie religieuse, le corps a été emmené pour être incinéré dans l'intimité.

Le 2 juin, un TER assurant la liaison entre Evian-les-Bains et Genève a percuté un car scolaire à un passage à niveau à Allinges, causant la mort de 7 collégiens et faisant 25 blessés, dont trois graves.

L'accident avait provoqué une vive émotion : plus de 4.000 personnes avaient assisté à l'hommage public rendu aux victimes le 5 juin, en présence du Premier ministre François Fillon et du président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer.