Nanotechnologies: Bruxelles prêt à légiférer en cas de danger pour la santé

BRUXELLES (AFP) — La Commission européenne s'est engagée mercredi à légiférer sur le recours aux nanotechnologies par l'industrie agroalimentaire pour fabriquer des colorants et des additifs nutritionnels, si ces derniers présentent un risque pour la santé humaine.

Ce risque a été dénoncé dans un nouveau rapport de l'organisation écologiste Les Amis de la Terre.

"Nous allons mener une analyse et sur la base de ses résultats, la Commission décidera s'il faut légiférer", a déclaré la porte-parole du commissaire à l'Environnement Stavros Dimas.

Cette analyse devrait être bouclée "en mai ou en juin", a-t-elle précisé.

Selon Les Amis de la Terre, "104 produits créés en utilisant des nanotechnologies sont entrés dans la chaîne alimentaire et sont vendus dans le monde entier".

"A cause de leur très petite taille, les nanoparticules ont un accès plus grand à notre organisme", souligne l'organisation. La nanotechnologie permet de créer des structures et de systèmes de la taille de l'atome ou de la molécule.

"Ces mêmes propriétés peuvent entraîner de plus grands risques de toxicité pour la santé humaine et pour l'environnement", affirment encore Les Amis de la Terre.

Les nanoparticules entrent dans la composition des additifs nutritionnels, dans les colorants et les parfums, ou sont utilisées comme antibactériens pour les emballages, précise-t-elle.

Les plus dangereuses sont les nanoparticules d'argent (emballages), de dioxyde de titanium, de zinc, d'oxyde de zinc et de dioxyde de silicone (additifs nutritionnels), selon elle.

La plupart des grands groupes de l'industrie agroalimentaires -- Kraft Foods, Heinz, Nestlé, Danone-- ont des programmes de recherche et de développement des nanotechnologies.