Manifestations dans plusieurs villes pour la défense des régimes spéciaux

PARIS (AFP) — Une manifestation rassemblant plusieurs milliers de personnes a débuté mercredi après-midi à Paris pour protester contre la réforme des régimes de retraite spéciaux, a constaté un journaliste de l'AFP alors que la grève semblait reconduite à la SNCF pour jeudi, selon la CGT.

Derrière une banderole de tête "Ensemble salaires, emploi, protection sociale", quelques milliers de manifestants sont partis de la gare Montparnasse en direction de la gare d'Austerlitz, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le cortège est guidé par notamment Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, ou encore Didier Le Reste, responsable de la CGT-Cheminots, ainsi que Eric Falempin, secrétaire général de FO-cheminots.

On note aussi la présence du sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon.

Le défilé est accompagné de camionnettes bleues aux logos EDF, certains manifestants ont revêtu un tee-shirt portant l'inscription "privé-public, sauvons nos retraites".

Dans le défilé, un manifestant brandit une pancarte "Sarkozy broie du social". Parmi les autres pancartes, on relève également "pour une retraite solidaire et choisie" ou encore des panneaux portés par des militants FO ou Sud portant l'inscription "en grève 37 ans et demi pour tous: public/privé".

Des étudiants qui protestent contre la réforme des Universités, se sont joints au défilé. "Autonomie - privatisation: unité pour l'abrogation de la loi Pécresse" relevait-on sur une banderole. Le drapeau du syndicat étudiant Unef flottait dans le cortège, non loin de "Normale sup pour un vrai service public".

Dans le cortège, le secrétaire général de la CGT-cheminots, Didier Le Reste, a indiqué à l'AFP que la CGT avait "proposé une position unitaire" aux autres syndicats de cheminots et que "le mouvement (de grève, ndlr) était reconduit demain" (jeudi) à la SNCF.

M. Le Reste a indiqué qu'il avait demandé aux manifestants de porter des pancartes sur la réalité des salaires des cheminots.

Entre 2.700, selon la police, et 5.000 personnes, d'après une première estimation des organisateurs, ont manifesté à la mi-journée à Toulouse.

Un premier cortège, au sein duquel étaient très présents les adhérents de la CGT et quelques salariés d'EDF et de GDF, s'est joint à celui des cheminots venus de la gare Matabiau, défilant derrière une banderole "CGT-FO-CFTC-Sud et Unsa - Les cheminots luttent pour les retraites, le service public, l'emploi, le pouvoir d'achat, le fret".

Le secrétaire général de la CGT cheminots en Midi-Pyrénées, Eric Ferrères, a évoqué une "mobilisation de très haut niveau, aussi importante, sinon plus, que le 18 octobre" dernier. Après avoir affirmé que "80% des contrôleurs (étaient) en grève", il a estimé que l'on "risque d'aller vers un conflit assez long".

Les manifestants, parmi lesquels de nombreux portaient des drapeaux et badges de la CGT et certains étaient coiffés de casquettes de contrôleurs de la SNCF, se sont dirigés vers la préfecture de Région, où ils ont été rejoints par des étudiants, des enseignants et des personnels des trois universités toulousaines, toutes en grève depuis mardi.

"C'est vrai qu'on luttte contre la loi LRU (dite loi Pécresse) mais la casse générale des retraites ça concerne tous les travailleurs et futurs travailleurs", a déclaré Hervé Petit, bibliothèquaire délégué FSU à Toulouse II-Le Mirail. "On est tous concernés par l'évolution néfaste du régime des retraites", a-t-il ajouté.

A Perpignan, entre 700 et 1.000 cheminots, électriciens, gaziers et étudiants ont manifesté mercredi matin dans les rues de la ville contre la remise en cause des régimes spéciaux de retraite et la loi d'autonomie des universités,. Le cortège, qui a défilé du siège d'EDF-GDF à la gare, puis à une place centrale de la ville, était ouvert par 200 étudiants selon la police, 300 selon les organisateurs, et leur banderole "le savoir n'est pas à vendre".

Venaient ensuite de 500 (police) à 700 (organisateurs) cheminots, électriciens et gaziers sous leurs banderoles syndicales. Les syndicalistes soulignaient le caractère massif de la grève à la SNCF et à EDF-GDF, suivie, selon eux, par 70 à 90% des salariés de ces entreprises. Après avoir paralysé pendant une demi-heure la circulation dans le centre-ville par un sit-in sur un carrefour névralgique, les étudiants ont ensuite regagné l'université, où ils doivent tenir une assemblée générale dans l'après-midi.

A Rouen, quelque 2.700 manifestants selon la police, 4.000 selon les syndicats, en majorité des cheminots, des électriciens et des étudiants ont manifesté mercredi matin dans le cadre de le journée de grève reconductible en défense des régimes spéciaux de retraite.

Aux cris de "Public, privé, tous ensemble, tous ensemble, ouais...", les manifestants ont défilé de part et d'autre de la Seine, de l'Hôtel du département à la préfecture.

Les cheminots CGT, FO et Sud formaient la plus grande partie du cortège derrière une banderole proclamant: "Retraites, salaires, emplois, unicité de l'entreprise". Selon les syndicats, la grève est suivie à 75% à la SNCF où le trafic est limité à un train sur trois sur l'axe Le Havre-Paris.

Derrière figuraient des électriciens d'EDF en particulier des centrales du Havre, de Paluel et de Penly. En fin de cortège, défilaient les étudiants en majorité venus des facultés de lettres et de psycho-socio qui sont bloquées depuis le 30 octobre dans le cadre du mouvement contre la loi Pécresse.