BORDEAUX (AFP) — Le phénomène de tâches noires sur des parois des grottes de Lascaux, en Dordogne, a repris en dépit d'un traitement chimique mis en oeuvre en janvier, a indiqué jeudi dans un communiqué le comité scientifique international de la grotte.
Réuni mardi et mercredi à la Direction régionale des affaires culturelles d'Aquitaine, le comité a salué "l'état très satisfaisant constaté les mois précédents dans la salle des Taureaux" mais il indique que "le phénomène de tâches noires observé dans la partie droite de la cavité a repris et nécessite une nouvelle phase d'élimination manuelle sous surveillance archéologique".
"Le protocole d'évaluation des traitements chimiques qui devraient être poursuivis sera affiné par les microbiologistes du Comité dans les jours prochains. Il tiendra compte des connaissances nouvellement acquises sur la diversité microbiologique et sur le ralentissement des mouvements de l'air dans la cavité", a-t-il précisé.
Interrogée par l'AFP, Marie-Anne Sire, conservatrice en chef de Lascaux, a expliqué que les mouvements de l'air se sont "profondément modifiés" depuis les années 80 dans la partie tâchée de la grotte. "Il y a 20 ans, l'air circulait dans la cavité, or aujourd'hui on a l'impression que l'air s'est immobilisé".
Cette découverte constitue selon la conservatrice en chef "un grand pas en avant" pour remédier au phénomène.
Les tâches noires, des moisissures, avaient été observées en juillet 2007 dans des parties reculées de la grotte originales appelées le Passage, la Nef et l'Abside, après une première apparition sur la voûte et le sas d'entrée fin 2001.
Un comité scientifique avait été créé en 2002 pour gérer le traitement d'urgence d'une attaque de moisissure blanche et construire un plan global de conservation de la grotte originale située à Montignac (Dordogne). Depuis 1983, les visiteurs n'ont accès qu'à une copie de la grotte (Lascaux II), l'originale étant fermée au public depuis 1963.
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