Un an après l'accident d'un car polonais: les familles des victimes toujours en deuil

GRENOBLE (AFP) — "J'espère que je vais pouvoir me sortir de cette angoisse et de ce deuil": Teresa Celjan, qui a survécu à l'accident d'un car de pélerins polonais il y a un an à Vizille (Isère), est revenue mardi sur les lieux de l'accident pour tourner la page.

Une stèle à la mémoire des 26 victimes de l'accident a été dévoilée dans l'après-midi à l'endroit où le car s'est écrasé, en bas de la rampe de Laffrey sur la RN85.

"Il n'y a pas un jour où je ne repense à tout ça", explique Mme Celjan, dont les propos sont traduits par une interprète. "Je viens revivre cet évènement autrement, en espérant que je vais guérir de tout ça, et rendre hommage à ceux qui ont perdu la vie ici", ajoute la sexagéaire, qui a été blessée au visage et à la jambe.

Les familles des victimes, originaires pour la plupart de Stargard Szczecinski, dans le nord-ouest de la Pologne, arrivées dans un avion de la présidence polonaise, ont marqué le premier anniversaire du drame par une messe dans la matinée en la cathédrale Notre Dame de Grenoble.

"Je suis venue dire au revoir à mon fils, qui était parti en pélerinage et que je n'ai jamais revu", indique Malgorzata Redes, qui était déjà venue à Grenoble l'an dernier pour récupérer le corps de son fils Przemyslaw Redes, un prêtre de 32 ans.

"C'est très douloureux, mais je me sens plus légère aujourd'hui, grâce au travail fait avec les autres familles de victimes, que nous retrouvons tous les mois", explique-t-elle.

"Aujourd'hui, c'est le moment ou jamais de faire le deuil", souligne Monique Gross, une Française d'origine polonaise décorée mardi à Grenoble en même temps qu'une soixantaine d'autres personnes par les autorités polonaises pour le soutien qu'elle a apporté aux victimes dans les jours qui ont suivi la catastrophe.

"Ils n'ont pas oublié, nous non plus, je passe presque tous les jours poser une bougie ou des fleurs sur les lieux de l'accident, et on est restés en contact avec les rescapés et les famille des victimes", souligne avec émotion cette sexagénaire, qui préside l'association franco-polonaise Krakowiak.

"On a pleuré quand on s'est retrouvés, cette journée est très importante pour tourner la page", ajoute-t-elle.

Le car transportait une cinquantaine de ressortissants polonais qui effectuaient un pélerinage dans différents sanctuaires mariaux en Espagne et en France, et qui avaient passé la nuit à Notre Dame de la Salette (Isère). L'accident avait fait 26 morts et 24 blessés, dont 14 graves.

L'enquête avait rapidement établi la responsabilité du chauffeur, âgé de 22 ans et décédé dans l'accident. Celui-ci avait décidé de suivre son GPS et d'emprunter la descente de Laffrey, une portion très raide de la voie Napoléon reliant Gap à Grenoble, en dépit de nombreux panneaux d'interdiction de circuler pour les cars.

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