ANKARA (AFP) — Les présidents israélien et palestinien, Shimon Peres et Mahmoud Abbas, ont estimé mardi à Ankara que la réunion internationale sur le conflit israélo-palestinien prévue cette année aux Etats-Unis était une chance à saisir pour la paix au Proche-Orient.
La réunion qui devrait avoir lieu avant la fin de l'année à Annapolis, "constitue une occasion historique qui ne doit pas devenir un échec historique", a déclaré le chef de l'Etat israélien dans un discours prononcé en hébreu devant le parlement turc.
M. Peres est le premier président israélien à prendre la parole devant le parlement d'un pays à population musulmane.
Annapolis "sera un tournant au cours duquel les parties donneront un élan, une direction, un cadre à un accord de paix", a-t-il poursuivi.
"La paix est une priorité des intérêts de l'Etat d'Israël", a dit M. Peres. "Je tiens à déclarer qu'Israël est décidé à mettre fin à ce conflit".
Le président palestinien Mahmoud Abbas qui est intervenu en arabe juste après M. Peres à la même tribune, a appelé à ce que "l'occasion exceptionnelle (d'Annapolis) soit saisie".
"Cette occasion exceptionnelle doit absolument être saisie. Prendre à la légère cette occasion pourrait avoir des conséquences dangereuses", a souligné M. Abbas, le premier leader palestinien à s'adresser aux parlementaires turcs.
Avant de se rendre au parlement turc, MM. Peres et Abbas avaient participé à un forum économique dit "d'Ankara", organisé à l'initiative de la Turquie.
La réunion internationale d'Annapolis vise à relancer le processus de paix au Proche-Orient, dans l'impasse depuis sept ans.
Cependant, un haut responsable israélien avait indiqué que cette réunion pourrait "ne durer qu'un jour". "L'ordre du jour de la rencontre et sa date n'ont pas encore été fixés par les Etats-Unis, la puissance invitante, mais la réunion pourrait se dérouler le 27 novembre et se clore le même jour", a déclaré à l'AFP ce responsable qui a requis l'anonymat.
M. Abbas a déclaré au cours d'une conférence de presse commune avec M. Peres et le président turc Abdullah Gül que "s'il y a la paix entre Israël et les Palestiniens et que l'occupation des terres arabes cesse, Israël vivra aussi dans une mer de paix, de sécurité et de stabilité au Proche-Orient".
"Si cela se produit, il n'y aura plus de guerres ou d'hostilité et tous les peuples de la région vivront dans la sécurité et la stabilité", a-t-il ajouté.
M. Peres a de son côté a salué M. Abbas comme un "ami" et "un homme de paix".
Les trois présidents ont ensuite signé un accord pour la mise en place d'une zone industrielle conjointe en Cisjordanie, d'abord à Tarkoumia puis à Jénine, sous l'égide de l'Union turque des Bourses et des Chambres de commerce.
Aux termes de l'accord, Israël doit assurer la sécurité de ces sites et le transport par terre et mer des biens qui y seront produits.
En janvier 2006, la Turquie avait signé un accord avec l'Autorité palestinienne et Israël pour la reconstruction de la zone industrielle d'Erez, au nord de la bande de Gaza.
Mais le projet a été suspendu après la prise du contrôle de Gaza par le mouvement islamiste Hamas.
Pays musulman mais laïc, la Turquie estime être bien placée pour faciliter les efforts de paix au Proche-Orient en raison de ses bonnes relations avec Israël, dont elle est le principal allié régional, ainsi qu'avec les Palestiniens et la Syrie.
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