L'avenir des retraites et de l'assurance chômage au coeur de la semaine sociale

PARIS (AFP) — L'avenir des retraites et de l'assurance chômage sera au coeur des préoccupations sociales cette semaine, patronat et syndicats étant reçus pour en discuter à Matignon et à Bercy, alors que de nouvelles manifestations de lycéens sont prévues à Paris dès mardi.

Lundi, François Fillon, père de la réforme des retraites de 2003, reçoit successivement en tête-à-tête les dirigeants de FO Jean-Claude Mailly, de la CGT Bernard Thibault, du Medef Laurence Parisot et de la CFTC, Jacques Voisin.

Le Premier ministre veut faire le point sur les thèmes de l'agenda social 2008, au premier rang desquels la suite de sa réforme.

Malgré leur appréciation divergente du dossier, les syndicats ont décidé de faire bloc et lancé un mot d'ordre national contre la volonté du gouvernement d'allonger la durée de cotisations à 41 ans et celle du patronat de repousser l'âge légal de la retraite à 62 ans.

Une journée de manifestations est prévue le 22 mai, une semaine après l'appel à manifester le 15 contre les suppressions de postes dans l'Education nationale à l'appel d'une large intersyndicale. En attendant, dès mardi, le syndicat lycéen UNL testera sa capacité de mobilisation après deux semaines de vacances de printemps, avec un appel à manifester à Paris.

Lundi, la ministre de l'Economie et de l'Emploi Christine Lagarde participera aux entretiens à Matignon aux côtés de M. Fillon, avant de recevoir à son tour les partenaires sociaux mardi après-midi pour débattre de l'assurance chômage.

Le gouvernement envisage de réduire les recettes de l'assurance chômage pour augmenter d'autant les cotisations vieillesse à partir de 2009.

Le patronat, en désaccord sur ce point, soutient en revanche le projet du gouvernement de rendre la législation plus coercitive pour inciter les chômeurs à pourvoir les emplois disponibles, même moins payés ou plus éloignés du domicile.

Pour les salariés, il s'agit d'obtenir en terme de couverture chômage et d'accompagnement les fameuses contreparties à l'accord de janvier signé par quatre syndicats sur cinq, sur la modernisation du marché du travail. Accord qui donnera a priori dès cet été une plus grande souplesse aux employeurs dans les règles d'embauche et de licenciement.

Mardi, la CGT appelle à manifester à Paris pour "préserver le congé bonifié" dont bénéficient 30 à 35.000 fonctionnaires originaires des départements d'outremer, mais dont les conditions sont devenues plus restrictives et font l'objet d'une renégociation par l'administration.

Ce système permet, grâce à une prise en charge de l'Etat, de revenir tous les trois ans dans sa famille et son département d'origine pendant deux mois de congés, au lieu d'un.

L'actualité sociale sera également marquée lundi par une nouvelle séance de négociation patronat-syndicats sur le stress au travail et des décisions de justice sur des licenciements contestés chez Lu et sur une réorganisation critiquée chez PSA Peugeot Citroën à Aulnay-sous-Bois.

Les grèves perlées affectant les ports autonomes en raison d'un projet de réforme, contesté par la CGT, doivent aussi se poursuivre à Nantes Saint-Nazaire et au Havre. Aucun retour à la normale n'est attendu à Marseille, malgré l'annulation par la justice du préavis de grève pour un vice de forme.

La grève de plusieurs centaines de travailleurs sans-papiers d'Ile-de-France devrait par ailleurs se poursuivre pour obtenir leur régularisation, même si la CGT, qui parraine le mouvement, semble débordée par les demandes.

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