BUENOS AIRES (AFP) — Les possibilités de continuer à libérer des otages sont "closes" et le président vénézuélien Hugo Chavez est le seul espoir pour délivrer Ingrid Betancourt, affirme le chef des Farc, Ivan Marquez, dans une interview publiée dimanche par le quotidien argentin Perfil.
Selon le chef guérillero, après la mort de Raul Reyes, numéro deux des Farc, dans un bombardement de l'armée colombienne sur le territoire équatorien, "nos possibilités de continuer à libérer le reste des personnes sont pour l'instant closes".
Ivan Marquez reconnaît que la mort de Reyes a été "un coup très dur", expliquant qu'"il s'agissait d'un commandant d'une grande valeur, qui est tombé en cherchant la voie d'une solution politique à la situation des prisonniers de guerre en Colombie".
Le chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) a également tenu à souligner l'attitude "courageuse" de Yolanda Pulecio, la mère de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, ancienne candidate à l'élection présidentielle enlevée en 2002.
"Elle (Yolanda Pulecio) voit en Hugo Chavez le seul espoir et elle a raison, car Chavez s'est impliqué de façon désintéressée pour concrétiser l'échange (de prisonniers)", poursuit Ivan Marquez.
Le chef des FARC a indiqué qu'il n'y avait "aucun contact" avec le gouvernement français, après l'envoi infructueux début avril d'un avion médicalisé et d'émissaires pour secourir Ingrid Betancourt.
Selon lui, la guérilla avait expliqué par avance à la Croix Rouge que ce "plan n'était pas viable en raison des risques militaires que supposerait le fait de leur donner les coordonnées d'un lieu".
"Ce qui nous intéresse, c'est de préserver la vie de nos prisonniers de guerre. Lorsque les FARC seront reconnues comme une force belligérante, il y aura d'autres conditions pour une tâche de cette nature", souligne-t-il.
Le président colombien Alvaro Uribe a réaffirmé la semaine dernière son refus d'accorder le statut de force belligérante aux Farc, une hypothèse émise la veille par son homologue équatorien Rafael Correa.
"Il ne reste aujourd'hui que la voie d'un retrait militaire pendant 45 jours" des municipalités de Pradera et Florida pour mener à bien l'échange de prisonniers, déclare Ivan Marquez, rappelant que les FARC exigent la libération de quelque 500 guérilleros par la Colombie.
La guérilla exige la création par le gouvernement colombien d'une zone démilitarisée dans le sud-est du pays en préalable à tout échange.
L'interview a été réalisée par Patricio Etchegaray, secrétaire général du parti communiste argentin (PCA) "dans les montagnes de Colombie", précise le journal.
La publication de cette interview survient alors que le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, entame lundi une difficile mission visant à relancer le dialogue entre la Colombie et ses voisins du Venezuela et d'Equateur afin d'obtenir la libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt.
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