Deux policiers tués à moto par un chauffeur en état d'ébriété en Isère

VIENNE (AFP) — Deux policiers âgés de 24 et 29 ans, qui se rendaient au travail sur la même moto, ont été tués en percutant un poids lourd, dont le chauffeur conduisait en état d'ébriété, tôt vendredi matin à Vienne (Isère).

Les deux gardiens de la paix en civil, qui devaient prendre leur service à 05H00 au commissariat de Vénissieux (Rhône) près de Lyon, roulaient dans un secteur limité à 50 km/h, à l'entrée de Vienne et s'apprêtaient à prendre l'autoroute A7, vers 04H30, lorsque l'accident s'est produit.

"La moto sur laquelle se trouvaient le conducteur et son passager a percuté un camion de 19 tonnes qui ne respectait pas une interdiction de tourner à gauche et dont le conducteur avait une alcoolémie de 0,42 mg" par litre d'air expiré, a déclaré à l'AFP le procureur de la République de Vienne, Franck Rastoul, soulignant que cela correspondait "à peu près à 0,80 g" d'alcool par litre de sang.

Le taux d'alcoolémie légal autorisé est de 0,25 mg par litre d'air expiré, soit 0,5 g par litre de sang.

"Le choc a été très violent et les deux motards éjectés ont été tués", a ajouté le magistrat.

Les deux victimes sont Sylvain Courbon, 24 ans, vivant en union libre, et Mikael Jomard, 29 ans, marié et père de trois enfants, tous deux domiciliés en Ardèche.

"Le secteur est limité à 50 km/h, mais en voyant l'état du camion et de la moto, on peut penser objectivement que la moto ne roulait pas à 50 km/h, mais je n'ai pas d'éléments objectifs techniques pour le dire", a déclaré M. Rastoul, ajoutant que des expertises étaient en cours.

"Il n'est pas certain que l'on puisse déterminer à coup sûr la vitesse de la moto et en tout cas cela peut prendre beaucoup de temps", a-t-il dit.

Le chauffeur du semi-remorque, un Français de 38 ans qui n'a pas été blessé dans l'accident, a été placé en garde à vue pour "homicides involontaires aggravés par un conducteur sous l'empire d'un état alcoolique", dans les locaux de la CRS de l'autoroute A7.

"Il reconnaît qu'il a fait un demi tour" en dépit d'un panneau d'interdiction, "car il avait raté la sortie qu'il voulait prendre et il a cherché à faire demi tour au plus près", a déclaré le procureur, ajoutant qu'il devrait être présenté samedi au parquet.

Le Premier ministre François Fillon a fait part dans un communiqué de sa "solidarité" et de sa "sympathie" envers la police, et a tenu à "assurer l'ensemble des forces de sécurité de sa détermination à lutter contre le fléau de l'alcool au volant".

La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie se rendra au commissariat de Vénissieux vendredi à 14H30, a annoncé son ministère. Dans un communiqué, la ministre a exprimé sa "profonde émotion" et assuré que "toute la lumière sera faite sur les circonstances du drame".

Le préfet du Rhône, Jacques Gérault, et le député-maire de Vénissieux, André Gerin (PCF), se sont rendus dans la matinée au commissariat de Vénissieux, où une cellule psychologique a été mise en place.

"Leurs collègues étaient effondrés car c'était des jeunes très sympathiques", a déclaré M. Gerin qui a exprimé son "émotion devant ce drame abominable".

"Nous sommes consternés et abattus, j'en ai fait des centaines de collègues blessés par balles ou tués, mais dans ces circonstances, c'est dramatique", a souligné pour sa part Jean-Paul Borelly, secrétaire régional du syndicat policier Alliance, joint par l'AFP.

L'enquête en flagrance a été confiée à la CRS Rhône-Alpes-Auvergne basée à Chassieu (Rhône), sous la direction du parquet de Vienne.