Le vice-président US Cheney discute du pétrole et de l'Irak avec le roi saoudien

RYAD (AFP) — Le vice-président américain Dick Cheney a rencontré vendredi le roi Abdallah d'Arabie saoudite, un allié des Etats-Unis qu'il veut encourager à faire plus pour aider l'Irak et l'Afghanistan et pour contribuer à contenir la flambée des cours du brut.

M. Cheney, en tournée régionale, a été reçu par le roi dans son "ranch" de Janadriyah, dans la région de Ryad, une ferme verdoyante avec des écuries, où le souverain l'a décoré des insignes du roi Abdel Aziz, la plus haute distinction dans le royaume.

Le souverain saoudien a rappelé à M. Cheney "l'amitié de longue date" qui lie leurs deux pays, avant d'entamer leur entretien à huis clos.

Au cours d'une pause dans ces discussions, le vice-président, accompagné de sa femme Lynne et de sa fille Liz, a assisté à un spectacle équestre. Aucune information n'a filtré sur le contenu des entretiens tenus jusque-là.

"Ils vont passer en revue des questions diplomatiques et de sécurité et (voir) où nous en sommes actuellement sur le marché mondial de l'énergie", avait déclaré au préalable John Hannah, conseiller de M. Cheney pour la sécurité nationale.

"Ils auront un vaste tour d'horizon sur les problèmes qui existent sur le marché", avait-t-il dit aux journalistes à bord de l'avion du vice-président. "Et je suis sûr qu'ils vont discuter de la nécessité d'une coopération à l'avenir pour tenter de stabiliser ce marché, réduire sa volatilité et servir les intérêts aussi bien des consommateurs que des producteurs".

L'Arabie saoudite, première puissance pétrolière mondiale et chef de file de l'Opep, est l'un des principaux alliés des Etats-Unis, dont l'économie est menacée de récession sous l'effet de l'envolée des cours du brut et de l'effondrement du dollar.

Le marché pétrolier a été marqué ces derniers jours par une flambée des cours du brut qui ont enregistré des records historiques à plus de 110 dollars le baril, avant de chuter à quelque 100 dollars jeudi sur le marché new-yorkais.

M. Cheney espérait aussi discuter des efforts tendant à dissuader l'Iran de poursuivre son programme nucléaire controversé, selon un haut responsable américain qui a requis l'anonymat.

L'entretien devait porter aussi sur le dossier syrien, la crise libanaise et M. Cheney devait appeler son interlocuteur comme les autres dirigeants arabes à intensifier les efforts pour aider les Etats-Unis en Irak et en Afghanistan.

L'Arabie saoudite est la quatrième étape d'une tournée de M. Cheney, qui l'a déjà conduit en Irak, à Oman et en Afghanistan.

Lors de sa visite à Bagdad en début de semaine, il avait appelé les "amis arabes" des Etats-Unis, comme l'Arabie saoudite, à envoyer des ambassadeurs en Irak pour y contrer l'influence iranienne. "Si les Etats arabes sont inquiets de l'influence iranienne en Irak, l'un des moyens pour eux de contrer cela est de s'engager à avoir une présence ici".

L'Arabie saoudite avait promis l'an dernier de rouvrir son ambassade à Bagdad, gardée fermée officiellement pour des raisons de sécurité malgré le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays dès 2004, après la chute du régime de Saddam Hussein.

M. Cheney devait en outre demander au roi Abdallah d'encourager les investissements privés en Afghanistan et augmenter l'aide à la reconstruction de ce pays, outre la coopération dans la lutte antiterroriste au Pakistan, voisin, selon des responsables américains.

En regardant la liste des pays donateurs, "l'Arabie saoudite et les pays du Golfe ne figurent pas en tête de ces pays. Ainsi, ils peuvent évidemment faire plus", a déclaré l'un de ces responsables.

La tournée de M. Cheney a coïncidé avec le 5e anniversaire de l'invasion de l'Irak, le 20 mars 2003, dont il a été l'un des principaux architectes.

Il doit encore se rendre en Israël, en Cisjordanie puis en Turquie, selon son programme officiel.

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