Cheney à Ramallah: les violences nuisent aux aspirations palestiniennes

RAMALLAH (AFP) — Le vice-président américain Dick Cheney, en visite à Ramallah (Cisjordanie), a estimé dimanche qu'un Etat palestinien aurait dû voir le jour "il y a longtemps" mais que la poursuite des violences contre Israël nuisait à la réalisation de cette aspiration légitime.

"Il y a une vérité pénible mais incontournable qu'il faut répéter, à savoir que le terrorisme et les roquettes ne tuent pas seulement des civils innocents, mais aussi les espoirs et les aspirations légitimes du peuple palestinien", a-t-il dit lors d'un point de presse avec le président palestinien Mahmoud Abbas.

"L'établissement d'un Etat palestinien aurait dû avoir lieu il y a longtemps", a-t-il souligné en s'engageant au nom des Etats-Unis à "fournir des moyens pour aider les Palestiniens à mettre en place les infrastructures nécessaires à l'établissement d'une démocratie stable, sûre et prospère".

"Des années de méfiance et de violences n'ont mené à rien (...). Une fin négociée du conflit israélo-palestinien, qui répondrait aux revendications nationales des deux peuples, aurait une valeur inestimable", a-t-il ajouté.

M. Abbas, qui s'est entretenu avec M. Cheney, a condamné les tirs de roquettes depuis Gaza, contrôlé par le mouvement rival Hamas, contre l'Etat hébreu. Mais il s'est élevé contre la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie et contre les attaques de l'armée israélienne.

"La sécurité et la paix ne seront pas obtenues tant que la colonisation se poursuivra, de même que l'escalade militaire israélienne", a-t-il déclaré.

La signature dimanche au Yémen par des délégués du Fatah et du Hamas d'un accord visant à relancer le dialogue interpalestinien interrompu depuis le coup de force du mouvement islamiste à Gaza n'a pas fait l'objet de commentaire.

Auparavant, en Israël, le vice-président américain avait mis l'accent sur la nécessité de progresser dans le processus de paix et évoqué la menace iranienne.

"Nous sommes évidemment désireux de faire tout ce que nous pouvons pour faire avancer le processus de paix et nous sommes impliqués activement pour faire face aux menaces que nous voyons émerger dans la région", a-t-il dit après une rencontre avec le président Shimon Peres à Jérusalem.

"Il ne s'agit pas seulement de menaces contre Israël mais aussi contre les Etats-Unis", a ajouté M. Cheney en faisant apparemment allusion au programme nucléaire de l'Iran, ainsi qu'à la Syrie.

La visite de M. Cheney intervient alors que les discussions entre Israël et l'Autorité palestinienne, relancées en novembre sous l'égide du président George W. Bush, piétinent.

Le président Bush, qui doit effectuer une nouvelle visite en Israël en mai à l'occasion du 60e anniversaire de la création de l'Etat hébreu, a souhaité parvenir à un accord de paix avant son départ de la Maison Blanche en janvier 2009.

Dès son arrivée en Israël samedi, Dick Cheney avait souligné devant le Premier ministre Ehud Olmert que Washington n'exercerait "jamais de pression sur Israël pour qu'il prenne des décisions menaçant sa sécurité".

Durant sa visite, le vice-président américain a répété qu'un accord de paix réclamerait "des efforts considérables (...) et des concessions douloureuses".

Il a également rencontré le chef de l'opposition de droite Benjamin Netanyahu ainsi que la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, et devait s'entretenir dimanche soir avec le ministre de la Défense Ehud Barak.

Dick Cheney est arrivé en Israël en provenance d'Arabie saoudite, où il a rencontré le roi Abdallah et le ministre du Pétrole Ali al-Nouaïmi, alors que l'économie américaine est menacée de récession sous l'effet de l'envolée des cours du brut et de l'effondrement du dollar.

Il a entamé sa tournée en Irak le 17 mars, puis s'est rendu à Oman et en Afghanistan. Il doit encore se rendre en Turquie.