Sarkozy et Merkel se rapprochent sur l'Union de la Méditerranée
PARIS (AFP) — Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont rapprochés jeudi sur la question de l'Union de la Méditerranée chère au président français en promettant d'y associer les autres pays européens pour éviter les risques de division craints par la chancelière allemande.
A l'issue du 32e sommet informel franco-allemand qui s'est tenu à l'Elysée, M. Sarkozy a annoncé que la France et l'Allemagne allaient "travailler pour une proposition commune visant à associer tous les Européens qui le voudraient au projet d'Union de la Méditerranée".
"Qu'est-ce que dit Mme Merkel ? (...) c'est que la question de la Méditerranée impacte la situation de tous les pays d'Europe et que donc, les pays d'Europe qui ne sont pas riverains de la Méditerranée veulent pouvoir aider à l'établissement d'une zone de paix, d'immigration choisie, de codéveloppement, d'environnement maîtrisé", a-t-il poursuivi lors d'une conférence de presse commune à l'Elysée avec Angela Merkel.
"Je ne vois pas comment la France pourrait se plaindre que l'Allemagne souhaite, avec d'autres pays d'Europe, participer à un projet parce qu'elle le juge important, ça serait curieux", a justifié Nicolas Sarkozy.
"Nous n'avons pas de côte sur la Méditerranée mais cela ne signifie pas que nous ne nous y intéressons pas (...) la Méditerranée, c'est une préoccupation pour tous les Européens", a abondé Angela Merkel.
"Si, à côté de l'Union européenne, les Etats riverains de la Méditerranée devaient constituer une deuxième union totalement différente, j'ai dit que cela risquait de constituer une épreuve difficile pour l'Europe", a-t-elle ajouté pour illustrer son scepticisme sur le projet. "Nous devons faire progresser ces deux approches de pair", a conclu la chancelière allemande.
L'initiative du président français de créer une Union de la Méditerranée, qui réunirait tous les pays du pourtour méditerranéen, n'a suscité jusqu'ici qu'un intérêt poli des pays concernés et le scepticisme dans l'UE.
Sur la menace nucléaire iranienne, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont par ailleurs affiché leur conviction commune de poursuivre une politique de "fermeté et dialogue".
"Ce qui a fait bouger l'Iran jusqu'à présent, ce sont les sanctions et la fermeté (...) si les sanctions ont été votées et ont permis l'amorce d'un dialogue que la France et l'Allemagne souhaitent, je ne vois pas au nom de quoi on devrait renoncer à des sanctions alors même que (la question de) l'accession du nucléaire militaire iranien reste posée", a-t-il insisté.
"Je partage tout à fait cette position", a dit Mme Merkel. "L'Iran continue à représenter une menace" et "dit qu'Israël doit être rayé de la carte, ce qui pour l'Allemagne est inacceptable", a insisté la chancelière allemande.
Lors de leurs entretiens, les deux responsables ont également passé en revue toutes les questions européennes et préparer la présidence française de l'UE, à partir du 1er juillet 2008.
Nicolas Sarkozy a affiché sa volonté de travailler pendant cette période "en tandem et en parfaite collaboration" avec l'Allemagne sur des sujets tels que l'immigration, la relance de l'Europe de la défense, thème retenu pour le prochain sommet informel franco-allemand et la mise en oeuvre du traité de Lisbonne, qualifiée de "très importante" par Mme Merkel.
Le président français a par ailleurs annoncé que les deux pays feraient une proposition commune sur le marché intérieur européen de l'électricité et du gaz d'ici la fin janvier.
Après leur conférence de presse, les deux dirigeants se sont rendus au Grand Palais pour y visiter l'exposition Courbet et devaient ensuite poursuivre leurs discussions autour d'un dîner dans un restaurant parisien.

