BERLIN (AFP) — A mi-parcours, la 58e Berlinale découvre lundi "Sparrow", le dernier film du Hong-Kongais Johnnie To, et "Troupes d'élite", une fiction survoltée sur la guerre entre la police brésilienne et les trafiquants de drogue, tous deux en lice pour l'Ours d'or.
Egalement dévoilé lundi, le premier des deux films allemands de la compétition, "Kirschblüten - Hanami" ("Cherry Blossoms - Hanami") de Doris Dörrie, dépeint un homme au seuil de la retraite qui, désemparé après le décès soudain de sa femme, rejoint son fils au Japon, le pays que son épouse vénérait et où il comprend enfin qui elle était.
Chaleureusement accueilli, ce film servi par une superbe interprétation, évoque avec émotion la question de la perte de l'être cher, en prenant pour décor une famille où parents et enfants ne communiquent plus.
Lundi "There will be blood", la fresque épique de l'Américain Paul Thomas Anderson, huit fois sélectionnée aux Oscars et récompensée dimanche par le trophée du meilleur acteur à Daniel Day-Lewis, aux Baftas à Londres, était le film préféré des critiques internationales compilées par le magazine professionnel Screen.
Mais la compétition se poursuivait tambour battant, avec "Troupes d'élite" de José Padilha, produit par les frères Weinstein, qui ont fondé Miramax en 1979 (revendu à Disney au début des années 1990) et lancé les films de Quentin Tarantino et Michael Moore.
Documentariste brésilien de 40 ans, Padilha, auteur de "Bus 174" qui relatait le détournement d'un autobus à Rio de Janeiro en 2000, décrit dans sa première fiction le travail des policiers spécialistes de la lutte anti-drogue.
"Troupes d'élite" colle aux pas de l'officier Nascimento (Wagner Moura), qui dirige un groupe d'intervention d'élite à Rio, en 1997. Miné par ce travail très risqué, il envisage de raccrocher en apprenant que sa femme est enceinte, mais se voit confier une dernière mission : "nettoyer" les favelas pour assurer la sécurité du Pape, en visite au Brésil.
Ce film au rythme échevelé, à la bande sonore assourdissante et aux violents coups de caméra laisse peu d'espace à la réflexion: l'action, voire le sensationnel semblent avoir été les maîtres mots de Padilha, qui immerge le spectateur dans la violence des favelas.
Mais ce dernier est vite pris de malaise face à une fiction ultra violente et unidimensionnelle - seul le discours des "bons" policiers est relayé en voix off - où la lutte contre les trafiquants de stupéfiants est montrée comme une dangereuse chasse au gros gibier qui procure des montées d'adrénaline.
Souvent filmés en opérations nocturnes sur fond de musique hard rock, les policiers d'"élite" campent sur des toits d'où ils tirent au fusil à lunette sur de présumés délinquants dont on ne saura pas grand-chose.
Racoleuse, la caméra virevolte, passant du visage en sueur d'un homme agenouillé, un pistolet braqué sur la tempe, à la cambrure d'une fille...
Lundi, le deuxième des quatre films asiatiques en compétition était projeté: signé par le maître du polar hong-kongais, le prolifique Johnnie To, "Sparrow" ("Man Jeuk") explore le monde des pickpockets, surnommés "moineaux" à Hong Kong.
Quatre de ces voleurs, experts dans l'art de découper au rasoir les poches des passants, vivent en harmonie jusqu'à l'arrivée de Chun Lei (la Taïwanaise Kelly Lin), dont ils tombent instantanément amoureux. Celle-ci leur demande de subtiliser une clé, les jetant dans un imbroglio.
"J'ai voulu capturer quelque chose de subtil et de poignant: la ville de Hong Kong elle-même," a expliqué le réalisateur aux journalistes à Berlin.
"Pour moi, le film a toujours été un moyen de fixer un lieu et une époque particulières, et +Sparrow+ témoigne de ce désir".
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