FN: Carl Lang mènera sa propre liste aux européennes face à Marine Le Pen

BOULOGNE-BILLANCOURT (AFP) — Carl Lang, député européen du Front national, a annoncé jeudi qu'il mènerait sa propre liste dans le Nord-Ouest aux élections européennes de 2009 face à Marine Le Pen, candidate investie par le parti.

"Je mènerai une liste aux élections européennes de 2009 dans ma circonscription du grand Nord-Ouest", a déclaré M. Lang, cadre historique du parti et eurodéputé sortant de cette région, lors d'un point-presse à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

M. Lang a ajouté qu'il n'envisageait pas de démissionner du FN, expliquant y être "chez (lui), depuis 30 ans".

"Je ne fais pas campagne contre elle (Marine Le Pen, ndlr). C'est elle qui vient faire campagne contre moi", a-t-il ajouté.

Mme Le Pen, vice-présidente du parti, a exprimé sa "stupéfaction" après cette annonce, soulignant avoir proposé à M. Lang "d'être deuxième sur sa liste, c'est-à-dire en position éligible".

"Carl démontre par cet acte profondément décevant que la fidélité au combat national, qu'il a pourtant prônée pendant des années, y compris pendant la scission mégretiste, n'était qu'une posture qu'il a abandonnée dès que ses petits intérêts personnels étaient en jeu," écrit-elle dans un communiqué, estimant que "cette attitude sera très certainement sévèrement sanctionnée par l'électorat du Front national".

Dans un autre communiqué signé notamment de Steeve Briois, secrétaire départemental du Pas-de-Calais (associé à Mme Le Pen lors des dernières municipales à Hénin-Beaumont), le FN Nord-Pas-de-Calais affirme que Carl Lang "s'auto-exclut" du parti.

Onze conseillers régionaux du Nord-Pas-de-Calais sur les seize que compte le FN avaient appelé la semaine dernière à une candidature de rassemblement des "nationaux et souverainistes" autour de M. Lang.

Six d'entre eux venaient d'être exclus du FN pour avoir cessé de reverser une partie de leurs indemnités de fonction à leurs fédérations, mais ils s'étaient présentés comme "démissionnaires", comme leurs cinq collègues.

Carl Lang avait exclu de figurer en deuxième position, affirmant "n'avoir aucune confiance" en Marine Le Pen "depuis qu'elle dirige, de fait, le Front national".

Elue en Ile-de-France au dernier scrutin européen, la vice-présidente du FN s'était présentée à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) aux législatives de 2007, avant les municipales de 2008.

Pour Carl Lang, en changeant de circonscription pour les européennes, Marine Le Pen "espère assurer sa réélection et procède à la liquidation politique d'un de ses concurrents à la direction nationale".

Evoquant des "purges +mariniennes+", Carl Lang accuse la fille de Jean-Marie Le Pen "d'éliminer systématiquement tous ceux qui ne font pas acte d'allégeance à sa personne". Il a regretté que le président du FN Jean-Marie Le Pen "cède aux caprices électoraux de sa fille".

Concernant ses soutiens, l'ancien secrétaire général du FN (1988-95 et 1999-2005) a évoqué l'ex-député Christian Baeckeroot et l'eurodéputé Fernand Le Rachinel, qui a démissionné du parti.

Quant à Jean-Claude Martinez, candidat pour les européennes dans le Sud-Ouest contre Louis Aliot, proche de Marine Le Pen, M. Lang a indiqué qu'il allait "le rencontrer" en vue d'"articuler (leurs) actions".