PARIS (AFP) — Plusieurs centaines de manifestants --600 selon la police-- ont défilé vendredi à Paris pour dénoncer les atteintes aux droits de l'Homme en Chine et sont parvenus à approcher l'ambassade de Chine après un long bras de fer avec les autorités policières.
Deux des manifestants ont escaladé un immeuble à proximité immédiate de l'ambassade de Chine, dans le 8ème arrondissement de la capitale, pour y dérouler une banderole où des menottes figurent les anneaux olympiques, avant d'être interpellés par la police sous les huées des manifestants.
Les manifestants, dont un bon nombre arboraient des drapeaux tibétains ou des pancartes représentant les portraits de dissidents chinois, ont scandé des slogans comme "Sarko, collabo, Hu Jintao, assassin" et "liberté en Chine, liberté au Tibet".
Ils se sont ensuite assis sur la chaussée face à l'ambassade, située sur l'une des artères les plus prestigieuses de Paris, pour symboliser les victimes de la répression en Chine et au Tibet.
Deux à trois cents personnes, dont de nombreux Tibétains et des militants de la Ligue des droits de l'Homme, qui s'étaient de leur côté réunis sur le parvis des droits de l'Homme dans le quartier non loin du Trocadéro, ont rejoint la manifestation aux abords de l'ambassade, devant des barrières de policiers.
Le long du cortège, les manifestants ont transporté cinq cercueils en signe de deuil pour le Tibet, en psalmodiant des prières tibétaines. Parmi les participants figuraient aussi des membres de la communauté ouïgoure (des musulmans turcophones du Xinjiang région de l'extrême ouest chinois), des Birmans et des Vietnamiens.
La manifestation a finalement quitté les abords de l'ambassade vers 16H00 (14H00 GMT), dans le calme.
La préfecture de police de Paris avait interdit jeudi toute manifestation autour de la représentation diplomatique chinoise, mais ces arrêtés ont été suspendus vendredi matin par le tribunal administratif de Paris, saisi par les organisateurs des manifestations incriminées.
La préfecture justifiait son refus par le risque de "réactions hostiles" à cette manifestation, sous forme de contre-manifestation pro-chinoise, mais RSF y avait vu une "compromission" et une décision politique destinée à ne pas effaroucher le régime chinois le jour de l'ouverture des jeux Olympiques.
En dépit de la décision de justice autorisant la manifestation, la police avait interdit dans un premier temps vendredi l'accès aux abords de l'ambassade aux manifestants, provoquant leur colère.
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